Une juge internationale béninoise, sanctionnée par Washington, alerte sur les menaces qui planent sur la CPI

À la tribune des Nations Unies cette semaine, Donald Trump a appelé tous les pays membres de se retirer de la Cour pénale internationale jugée « hors de contrôle ». L'institution redoute dans les prochains jours de nouvelles sanctions américaines, alors que 13 membres de la CPI sont déjà sous sanctions. L'une de ces juges était de passage à Paris ce mercredi, reçue à l'Assemblée Nationale.
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Il n'y a pas seulement Donald Trump qui a menacé la Cour pénale internationale. Son administration a déjà promis de démanteler « brique par brique » la CPI, à laquelle les États-Unis n'ont jamais adhéré mais qu'ils attaquent et sanctionnent depuis que le tribunal international a lancé des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant.
Les États-Unis ont déjà pris des mesures de sanction contre neuf des 18 juges, dont la Béninoise Reine Alapini-Gansou, les trois membres du bureau du procureur et un membre du personnel de la CPI. Tous ont rejoint près de 15 000 personnes sur la liste américaine des personnes sanctionnées, essentiellement composée des membres d’al-Qaida, de l’organisation État islamique, de groupes mafieux et des dirigeants de régimes dictatoriaux.
« Voir son nom inscrit sur une liste de hors-la-loi, quand on a consacré sa vie au droit, devrait tout de même choquer », lance Reine Alapini-Gansou, qui est intervenue dans un colloque à l'Assemblée nationale française mercredi. En 2025, elle a vu sa vie changer, en raison des sanctions imposées par les États-Unis de Donald Trump. « On ne peut plus utiliser de carte de crédit, voyager... nous sommes repartis à l'ère de la préhistoire, il ne nous reste plus qu'à faire du troc, plaisante-t-elle, puisque les sanctions interdisent à toute entreprise américaine de fournir des services aux sanctionnés, et que tous les systèmes de paiement sont américains. Depuis ces événements, je fais attention, j'ai peur pour ma personne et surtout pour ma famille. »
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Une condamnation en Russie également
Reine Alapini Gansou a par ailleurs été condamnée à 15 ans de prison par contumace en Russie. Une réponse de Moscou au mandat d'arrêt de la CPI visant Vladimir Poutine, émis en 2023. Avec ces nouvelles menaces proférées par Donald Trump, la Cour s'attend désormais à de nouvelles mesures punitives venues de Washington. La CPI « traverse une crise sans précédent, c'est la première fois dans la vie du droit international que l'on menace de détruire une institution de cette envergure », s'est exclamée la juge béninoise.
Même si Reine Alapini-Gansou se dit « optimiste ». « Ce qui nous arrive n'arrive qu'aux gens épris de justice », dit-elle, avant d'ajouter : « Il faut rester fidèle à son serment. C'est ce que j'ai fait, je suis restée à dire le droit et rien que le droit ». La balle est dans le camp des États, conclut-elle. Des états qui doivent agir pour défendre la justice internationale.
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