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Monday, October 19, 2026

La Gen Z, une génération particulièrement mobilisée?

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S’il y a indéniablement un contexte national aux manifestations qui secouent la France actuellement, elles s’inscrivent également dans un paysage international : celui des mobilisations, à travers le monde de la Gen Z, les personnes nées entre la fin des années 90 et le début des années 2010.

L’appel à manifester ce 17 octobre a été lancé de manière distincte de la mobilisation lycéenne. Il date de plusieurs semaines déjà et avait pour moteur la hausse du coût de la vie.

Mais il n’aurait pas nécessairement eu la même ampleur sans une convergence des luttes. Et les revendications des lycéens étaient encore au cœur des cortèges, ce samedi. Portées par les lycéens eux-mêmes mais aussi par d’autres catégories de la population : parents, grands-parents, ou adultes sensibles à ces demandes et souvent choqués par la réponse des autorités. Plus de 8 000 personnes – dont une très large majorité de mineurs – ont été placées en garde à vue au cours de ce mois de mobilisation lycéenne.

De l’Iran à Madagascar

Depuis la mi-septembre, la jeunesse française réclame de meilleures conditions pour étudier : plus de professeurs, des rénovations de leurs établissements. Une jeunesse française mobilisée, comme d’autres avant elle. Ces dernières années, cette génération est descendue dans la rue dans plusieurs pays.

Le mouvement « Femmes, vie, liberté » né en septembre 2022 en Iran après la mort de Mahsa Amini, âgée de 22 ans, après son arrestation par la police des mœurs, a été porté par les jeunes : la Gen Z ou la génération Y, celle juste avant. Au Népal, en septembre 2025, c’est elle aussi qui a pris la rue après l’interdiction de 26 plateformes et réseaux sociaux, dénonçant la corruption d’un gouvernement… qu’elle a finalement fait tomber. Quasi simultanément, au Maroc, c’est un collectif baptisé « Gen Z 212 » - en référence à l’indicatif téléphonique du pays – qui a organisé les protestations réclamant de meilleurs hôpitaux et de meilleures écoles. Septembre-octobre 2025 encore : cette fois à Madagascar, cette fois motivées par des coupures d’eau et d’électricité. Mais toujours la Gen Z au cœur d’un mouvement qui a chassé le président. Et les exemples se poursuivent : en Inde, c’est elle aussi qui a lancé en mai dernier un vaste mouvement. D’abord centré sur le mécontentement d’étudiants dont l’examen venait d’être annulé mais qui s’est élargi à la dénonciation de la corruption et de la politique du gouvernement.

Contexte propre à la Gen Z

Chaque mouvement s’inscrit dans un contexte national précis, avec des revendications propres. Et la mobilisation des jeunes n’est pas un facteur spécifique à la Gen Z. Ils étaient au cœur des révolutions du « Printemps arabe » il y a 15 ans.

Mais il y a un contexte propre à cette génération. Elle a grandi dans un environnement économique marqué par la crise de 2008 qui a causé la plus grave récession de l’économie mondiale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945… et une explosion du chômage. La crise du Covid-19 en 2020 est venue porter un nouveau coup à l’économie mondiale. Mais elle a aussi contribué à renforcer une conviction : il y a urgence à construire un nouveau monde. Un sentiment qui existait déjà, né d’une prise de conscience de l’impact du changement climatique.

Crise économique, crise sanitaire, crise climatique : cette accumulation de défis n’a pas fini de nourrir des revendications de la part de ceux qui ont toute une vie à construire.

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