Sécurité à Charleroi : le bourgmestre Thomas Dermine met la fusion des zones de police sur la table

Le bilan chiffré de la police, présenté hier, est stable : environ 30.000 faits ont été enregistrés en un an. Un chiffre globalement stable, mais derrière cette statistique se cache une évolution plus préoccupante : celle du niveau de violence.
Les règlements de comptes entre bandes rivales se multiplient, sur fond notamment de trafic de stupéfiants. Un phénomène qui dépasse largement les frontières de Charleroi. La progression de la criminalité organisée liée à la drogue inquiète depuis plusieurs mois les autorités locales et judiciaires.
Plus de policiers dans les rues, mais comment ?
Côté politique, majorité et opposition partagent le même constat : les dépôts sauvages pourrissent la vie des riverains, la toxicomanie et le deal explosent, les chancres se multiplient. "De notre lecture, la situation est grave" estime le chef de groupe MR Jean-Noël Gillard qui réclame du concret "pour que l’insécurité ne continue pas à se développer et à se déplacer." Tous les partis politiques sont d’accord, il faut mettre plus de policiers dans les rues.
Le hic, c’est que les policiers sont en voie de disparition à Charleroi. Structurellement il manque plus d’une centaine d’agents, sans compter le taux d’absentéisme qui s’élève à 15%. Les policiers carolos tirent la langue et auraient tendance à quitter la zone vers d’autres régions où le travail est, disons, moins intense. La cheffe de groupe PTB Pauline Boninsegna aimerait en savoir plus "j’invite à interroger les policiers qui sont sur le départ pour savoir quelles sont les raisons pour lesquelles ils partent de la zone de Police, et qu’est ce qui permettrait pour chaque policier de retrouver un cadre de travail satisfaisant."
Fusionner les zones
Quelles sont les solutions ? Davantage de moyens, mais quand on connaît la situation financière de Charleroi, c’est très difficile. C’est dans ce contexte que le bourgmestre Thomas Dermine propose de fusionner la zone de police de Charleroi avec ses voisines: la zone Brunau, Germinalt, des Trieux et Aiseau-Presles.
"Je pense qu’il y a plusieurs gains. Ça doit être évalué en toute intelligence avec les autres bourgmestres. Mais il y a des gains, notamment sur certains investissements qui deviennent de plus en plus lourds. Par exemple, certaines zones n’ont pas la capacité de financer des chiens antidrogue. Pouvoir mutualiser ces investissements avec une grande zone comme Charleroi peut être intéressant. Idem pour la capacité opérationnelle en intervention la nuit ou le week-end, le fait de pouvoir mutualiser sur plusieurs équipes, c’est dans l’intérêt de tout le monde. Et à l’inverse pour Charleroi, avoir quelque part des services de proximité, mieux répartis sur l’ensemble de la métropole peut être intéressant. Donc oui, je pense que de plus en plus les communes vont devoir travailler ensemble. Pourquoi pas aussi sur les zones de police, surtout qu’on voit que ça se fait déjà très bien et de façon relativement cordiale et efficace au niveau des zones de secours avec les pompiers.
Des discussions devraient dans les prochaines semaines avec les bourgmestres voisins, le gouverneur ainsi qu’avec le ministre MRde l’intérieur, Bernard Quintin. La mesure ne serait pas inédite. A Bruxelles, la fusion des zones de police est prévue pour le 1er Janvier 2028.
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