Sommet Donald Trump-Xi Jinping: beaucoup d'apparence, peu de substance

C’est l’événement diplomatique de cette fin de semaine. Il se déroule à Washington. Le président américain Donald Trump accueille son homologue chinois Xi Jinping pour leur troisième sommet en un an. Une visite d'État, c'est-à-dire le plus haut niveau en matière de visite diplomatique, et ça a commencé dès hier soir.
Sur la base militaire d’Andrews, au sud-est de Washington, le président américain a accueilli le numéro un chinois lui-même à sa descente de l’avion. Il ne l'avait tout simplement jamais fait pour personne. Une visite d'État, cela signifie aussi les principales artères de la capitale américaine pavoisées aux couleurs des deux pays avec un nouvel accueil fastueux et puis un dîner d'État à la Maison Blanche. C’est donc beaucoup d’apparat et d’ailleurs, Xi Jinping semble avoir tenu à être reçu sur le tapis rouge, comme Donald Trump l'avait été lors de sa dernière visite à Pékin. Car le président américain aime avoir l’air, comme le dit la chanson de Jacques Brel, et il va tenter, à son tour, d’impressionner un homme pour lequel il éprouve la même admiration que pour tous les hommes forts. Il y a de fortes chances que le président américain montre à son homologue les travaux de la salle de bal qu’il fait construire à la Maison Blanche et à propos de laquelle il évoque souvent un autre bâtiment, le Palais de l'Assemblée du peuple à Pékin.
Trêve
Mais selon toute vraisemblance, il ne va pas se passer grand-chose. Donald Trump est en pleine campagne électorale pour des élections de mi-mandat qui s’annoncent compliquées. Il est empêtré dans sa guerre en Iran. Le président américain n’a aucun intérêt à déterrer la hache de guerre sur les droits de douane, par exemple. Une trêve a été conclue il y a un an, en échange d’un engagement de la Chine à fournir aux États-Unis les terres rares et les minerais critiques qu'elle maîtrise et dont les États-Unis ont besoin pour leurs industries de haute technologie. Malgré leurs efforts, ils n’ont pas encore les moyens de faire autrement. Pendant ce temps, la Chine continue à voir grossir ses exportations et à engranger des revenus.
Piège de Thucydide
Et elle avance vers son objectif de devenir la première puissance mondiale. Lors de leur dernière rencontre, Xi Jinping avait lancé un avertissement à Donald Trump, en évoquant le piège de Thucydide. C’est une théorie des relations internationales d’un spécialiste américain qui explique qu’une puissance dominante peut être tentée de faire la guerre à une puissance ascendante par peur de perdre sa place. Dans l’esprit de Xi Jinping, la puissance menacée de perdre sa place, ce n’est évidemment pas la Chine, qui préfère avancer méthodiquement et calmement.
Davantage de contrôle
Pourtant, les différents ne manquent pas. Sur Taïwan par exemple, qui sera forcément évoqué. L’autre sujet du moment, c’est l’intelligence artificielle. Les deux pays se livrent à une concurrence acharnée pour la maîtrise du secteur. L’entourage des deux présidents évoque la mise en place d’un mécanisme de notification entre les deux pays. Une sorte de téléphone rouge de l’IA. Car le débat actuel sur la sécurité de l'IA n’a pas échappé aux responsables chinois, notamment celui de la sécurité d'État, qui plaide pour davantage de contrôle du parti sur la technologie.
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