JOJ Dakar 2026: les jeunes Français, en dignes héritiers, s’offrent l’or au rugby à 7

Portés par l’esprit des anciens et de leurs aînés médaillés d’or à Paris 2024, les jeunes de l’équipe de France de rugby à 7 ont décroché l’or en battant l’Afrique du Sud (26-19) et en survolant quasiment le tournoi aux JOJ de Dakar.
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De notre envoyé spécial à Dakar
Ils avaient promis de ne rien lâcher. Menés par leur capitaine Pablo Garbajosa, les Bleuets ont tenu parole dans une finale qui a résumé leur tournoi : en démonstration, même s’ils se sont fait une peur. Après un début de match à sens unique, 21-5 en première période, l’Afrique du Sud est revenue à deux points, réveillant les craintes au stade Iba Mar Diop. « Une finale sans peur, ce n’est rien, lâche Pablo. On s’est fait peur, mais à la fin on s’est lâchés. On a gagné, donc c’est énorme, je suis content. »
Cette médaille d’or raconte une équipe qui a surclassé la concurrence, l’Ouganda balayé 58-0, le Japon 48-0, le Canada en demi-finale 58-0, mais pas l’essentiel. Car au cœur de ce groupe, le mot qui revient est toujours le même : héritage.
Quelques semaines avant Dakar, les champions olympiques de Paris 2024 étaient venus planter les graines en France. Paulin Arriva, capitaine des grands du rugby à 7, ainsi que son coéquipier Stephen Parez, et Jérôme Daret, deux fois quart de finaliste de la Coupe du monde et présent en tribunes ce lundi, ont parlé moins de tactique que de mentalité. Mateo Tambo Fanchot résume les mots des aînés : « Le Seven (rugby à 7), c’est un sport très mental, il ne faut jamais rien lâcher. On l’a vu aujourd’hui. On est restés soudés et concentrés, et on a réussi à marquer à la toute fin. Ce qu’on a retenu, c’est la mentalité qu’ils nous ont inculquée : être comme des lycaons, ne jamais rien lâcher et être tous solidaires. »
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Sacha Leroy met également la victoire sur leur héritage autant que sur le travail. « Le secret, c’est le travail, l’héritage des grands et le fait qu’on soit devenu un groupe plus qu’une équipe. On est soudés, avec une bonne ambiance, mais très sérieux. »
Battre les « Sudafs », c’est un symbole. « Ça fait toujours du bien, confie Sacha. Mais c’est surtout une finale olympique et l’héritage de Paris 2024. Stephen, Paulin, Jérôme nous ont parlé d’héritage. Grâce à eux, on avait ça dans la tête. »
L’héritage est aussi familial. Dans cette équipe de France, quatre joueurs portent un nom déjà inscrit dans l’histoire du rugby français. Le capitaine Pablo Garbajosa, fils de Xavier, vice-champion du monde 1999. Jules Vermeulen, dont le père Elvis a empilé les matchs avec Clermont et soulevé le Tournoi des VI nations en 2007. Gaspard et Simon, fils de Julien et Nicolas, anciens internationaux, prolongent la lignée à leur tour.
Pour Pablo, la finale avait commencé par un message intime. « J’ai envoyé un petit message à mon père juste avant, je lui ai dit que je l’aimais, et à ma mère, à mon frère aussi. Ils m’ont envoyé plein d’ondes positives. »
Sur la pelouse du stade Iba Mar Diop de Dakar, les sourires illuminent le jour déclinant. Les Bleuets font la fête. « C’était un truc de ouf, s’extasie Nathanael Senga Koua. On est une grosse équipe. On est des super potes, on s’entend tous super bien. »
Une belle bande de gamins qui a trouvé le moyen de transformer un héritage en médaille d’or.
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