À 11 jours du vote, le PQ fait une mise au point à ses candidats
À moins de deux semaines du vote et dans la foulée d’un événement impliquant son candidat dans Sherbrooke, le Parti québécois (PQ) a effectué un appel à la prudence médiatique lors d’une réunion en présence de ses candidats et de leurs directeurs de campagne, mercredi matin.
Lors de cette rencontre par écrans interposés — qui était prévue de longue date, assure l’équipe des communications du PQ —, les aspirants-députés ont été invités à prioriser les activités de porte-à-porte plutôt que les participations aux débats locaux et aux entrevues médiatiques. « Un habituel rappel de prudence », a résumé une personne ayant assisté aux échanges.
L’avant-veille, dans un débat local, le candidat péquiste dans Sherbrooke, Gabriel Pallotta, avait affirmé que lui et « 30 ou 40 collègues » faisaient pression auprès de l’exécutif national pour « assainir » le discours du parti en matière d’immigration. Des propos qu’il avait ensuite rétractés.
« Sous la pression et l’hostilité potentielle dans un débat, j’ai paniqué et j’ai lancé certaines affirmations qui ne sont tout simplement pas véridiques », a écrit M. Pallotta sur ses réseaux sociaux.
Contacté par Le Devoir, le PQ a soutenu que sa mise au point adressée aux candidats n’avait rien à voir avec la situation impliquant son candidat dans la circonscription de Sherbrooke. « Comme à chaque fin d’élection, nous en avons profité pour rappeler l’importance de se concentrer sur le travail terrain dans la dernière ligne droite, un rappel habituel pour les partis politiques en fin de campagne », a indiqué le directeur des communications du parti, Lucas Medernach.
Selon nos informations, l’exécutif national du PQ y a réitéré l’importance de « valider » auprès de lui avant d’accepter des invitations à s’exprimer publiquement.
Histoire « inventée »
Interrogé sur les propos de son candidat Gabriel Pallotta après le débat des chefs de Radio-Canada, mercredi soir, le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, avait indiqué avoir « regardé à l’intérieur du parti pour essayer de comprendre », puis en être arrivé à la conclusion que la « pression » du débat l’avait poussé à « inventer » sa version des faits.
« Des fois, il arrive des choses dans des débats […] où est-ce qu’on est pris de panique, puis on dit quelque chose qu’on regrette après », avait-il avancé. « Mais il s’en excuse, et je pense que c’est une candidature qui a quand même d’autres qualités. Donc, je ne veux pas non plus qu’on réduise son profil et ses efforts à un 15 secondes qu’il regrette. »
À Sherbrooke jeudi, le chef libéral, Charles Milliard, a dit ne pas croire son homologue au PQ. « J’ai beaucoup de sympathie pour M. Pallotta, le candidat du Parti québécois qui s’est fait dire que ce serait mieux de s’excuser », a-t-il lancé. « Il s’est fait dire que ce serait mieux de dire qu’il a inventé ce qu’il pense réellement de la politique migratoire du Parti québécois. »
« Je pense que ce que ça témoigne [du fait] que les candidats du PQ, et ceux de la [Coalition avenir Québec] aussi par ailleurs, se rendent compte que leur discours sur l’immigration, ça ne colle pas du tout dans les régions. Les entrepreneurs ne sont pas contents de ce discours-là », a ajouté le candidat libéral dans Richmond, Hugo Fontaine, qui était présent au débat local en question.
Il reste à peine une semaine et demie à la période électorale, et les sondages placent toujours le PQ au sommet des intentions de vote.
Les trois débats des chefs étant passés, les caravanes s’aventureront désormais aux quatre coins du Québec pour faire « sortir le vote » — comme le veut l’expression — le 5 octobre.
Ce jeudi, Paul St-Pierre Plamondon n’avait pas prévu d’annonce en bonne et due forme. Il a toutefois rencontré la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), en avant-midi. Il s’est ensuite arrêté à l’hôtel de ville de Montréal pour rencontrer la mairesse Soraya Martinez Ferrada.
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