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Sunday, October 18, 2026

Référendum en Alberta : envoyer un message à Ottawa, mais à quel prix?

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Pour certains séparatistes albertains, le référendum du 19 octobre, dont une des questions pourrait ouvrir la porte à une consultation sur la séparation de l’Alberta du Canada, constitue un levier pour obtenir davantage d’autonomie face au gouvernement fédéral. Dans le camp fédéraliste, on insiste cependant sur les risques que pose l'utilisation de ce moyen pour envoyer un message à Ottawa.

En entrevue aux Coulisses du pouvoir, le militant indépendantiste Benoit Trudeau et l’ex-premier ministre albertain Jason Kenney défendent deux voies que tout sépare. Les deux hommes s’inspirent de l’expérience québécoise, mais en tirent des leçons complètement opposées.

D’abord l’autonomie

Québécois installé en Alberta, Benoit Trudeau se définit comme un souverainiste albertain. Il refuse toutefois l’étiquette de séparatiste et dit avoir parcouru 40 000 kilomètres en Alberta, depuis mars dernier, pour faire campagne en faveur du référendum.

Il réclame que la province perçoive elle-même ses impôts, se dote de son propre régime de retraite et joue un plus grand rôle en immigration. Son objectif : au moins, équiper l’Alberta comme le Québec est équipé.

Benoit Trudeau accorde une entrevue dans le cadre de l'émission Les coulisses du pouvoir.

Le militant souverainiste Benoit Trudeau en entrevue avec Daniel Thibeault à l'émission « Les coulisses du pouvoir ».

Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

Si le souhait ultime de M. Trudeau est que l’Alberta accède à l’indépendance, il estime qu’il faudrait aussi, entre-temps, épuiser les autres solutions. Il voudrait faire équipe avec le Québec, y compris avec le Parti québécois, pour obliger Ottawa à venir à la table de négociation.

Le militant reconnaît qu’un des objectifs de la démarche référendaire est d’envoyer un message, une stratégie dont il minimise toutefois les risques. Le danger est contrôlé, parce que [l’indépendance] n'arrivera pas le 19 ni le 20, et probablement même pas l'année prochaine, déplore-t-il.

Si jamais l'option 2 passe, [MmeSmith] veut passer par une consultation des 47 bandes amérindiennes de la province, puis travailler avec le Parlement du Canada pour trouver une question acceptable. C'est d'un ridicule éhonté.

M. Trudeau, qui a participé à la campagne de Danielle Smith pour la direction de son parti, reproche aujourd’hui à la première ministre de ne pas aller assez loin. J’espérais un coup de barre plus sérieux, explique-t-il, déçu de l'approche de l’autonomie albertaine préconisée par la cheffe du gouvernement albertain.

L’épisode de l’émission Les coulisses du pouvoir présentant les deux entrevues avec Benoit Trudeau et Jason Kenney est diffusé dimanche à 11 h HAE sur ICI TÉLÉ et sur ICI RDI. Il sera offert en rattrapage sur le site Internet de l’émission ainsi que sur ICI TOU.TV (nouvelle fenêtre).

Un pari risqué

Jason Kenney fait campagne pour le maintien de l’Alberta au sein du Canada. Son engagement en faveur de l’unité canadienne l’a conduit à s’allier avec Rachel Notley, son ancienne rivale néo-démocrate.

Le pays est plus important que les partis. Le patriotisme est plus important que la partisanerie.

L’ancien premier ministre albertain reconnaît la frustration envers Ottawa, mais privilégie le choix des alliances pour défendre les intérêts de sa province.

Il cite notamment la contestation judiciaire de la Loi sur l’évaluation d’impact. J’ai eu l’appui de M. Legault, du gouvernement du Québec, pour mettre en cause cette loi devant la Cour suprême, et on a gagné, rappelle-t-il.

Jason Kenney en entrevue à l'émission Les coulisses du pouvoir.

L'ancien premier ministre de l'Alberta Jason Kenney, en entrevue à l'émission « Les coulisses du pouvoir ».

Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

M. Kenney s’inquiète néanmoins de ceux qu’il qualifie de fédéralistes frustrés qui ne souhaitent aucunement l’indépendance, mais veulent envoyer un message à Ottawa. Il considère cette stratégie périlleuse d’un point de vue économique : Cela crée de l’incertitude politique qui est terrible pour l’investissement. Ça va créer une division perpétuelle.

Ici, en Alberta, même avec les défis, même avec les mauvaises politiques d'Ottawa de M. Trudeau par exemple, on a créé la province la plus prospère.

Il redoute aussi que les sondages favorables au maintien de l’Alberta dans le Canada donnent aux fédéralistes l’impression que c’est terminé. Pour lui, il s’agit d’une attitude tout à fait dangereuse, compte tenu du fait qu’il y a plus d’intensité parmi les indépendantistes. Une faible participation pourrait, dans ce cas de figure, leur permettre de l’emporter.

La suite provoque déjà des divisions

Benoit Trudeau s’attend à une victoire des indépendantistes à l’issue du référendum, dont il rejette à l’avance la validité du résultat. C’est sûr qu’ils vont gagner, croit-il. Il affirme cependant qu’une défaite ne mettrait pas fin à son engagement.

Ma vraie campagne, personnellement, commence après le 19 octobre.

Jason Kenney estime, de son côté, que le débat se prolongera malgré tout. Même minoritaire, un résultat de 15 % à 20 % pourrait constituer, aux yeux des indépendantistes, une grande victoire et une preuve du momentum, prédit-il.

Il fait référence également au prochain congrès du Parti conservateur uni de l'Alberta. Ils ont une motion pour se déclarer un parti indépendantiste, affirme celui qui rappelle l’avoir créée comme un parti exclusivement fédéraliste.

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