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Monday, October 19, 2026

Nouvelle-Calédonie: accord avec l'UE dans la filière nickel, malgré la désapprobation des indépendantistes

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Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne, a défendu, lundi 19 octobre au Congrès calédonien, un partenariat stratégique avec l'Union européenne concernant la filière nickel. Les indépendantistes, qui s'y opposent, ont boycotté la séance.

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En visite officielle dans l'archipel français, Stéphane Séjourné a déclaré que la Nouvelle-Calédonie pourrait devenir « un pilier » de cette diversification pour le nickel, en rapprochant ses producteurs de l'archipel des chaînes de production européennes, notamment dans les batteries. Il s'est exprimé lundi devant le Congrès, à la veille de la signature d'un mémorandum d'accord concernant la filière de ce métal avec l'Union européenne (UE).

L'objectif est de diversifier les sources d'approvisionnement de l'UE en matières premières critiques. Le vice-président exécutif de la Commission européenne a assuré que ce mémorandum serait « non exclusif » et ne remettrait pas en cause la direction des ressources par l'archipel. Il a précisé que 15 autres pays sont concernés par des accords de cette même nature.

Au-delà du nickel, Bruxelles a engagé près de 32 millions d'euros depuis 2023 pour accompagner la transition énergétique de la Nouvelle-Calédonie, déclare-t-il. Parmi les projets évoqués : une station de transfert d'énergie par pompage (STEP) à Tontouta à 400 millions d'euros. D'autres sont encore à l'étude, comme un pôle de maintenance et de formation aéronautique et des câbles sous-marins dans le Pacifique. Un programme européen de cinq millions d'euros devrait aussi être mis en place d'ici le premier trimestre de l'année 2027.

Une industrie en difficulté

Ce partenariat entre l'UE et l'archipel intervient alors que les industriels calédoniens cherchent des solutions pour maintenir leur activité. Dans le Nord, l'usine Koniambo Nickel SAS (KNS) est à l'arrêt depuis 2024. Son actionnaire Glencore, qui détient 49% du capital avec la Société minière du Sud Pacifique (SMSP), contrôlée par la province Nord, doit être remplacé. Plusieurs groupes chinois figurent parmi les candidats.

Mais le député indépendantiste Emmanuel Tjibaou a confirmé, mercredi 14 octobre, que le président français Emmanuel Macron lui avait exprimé « de manière assez franche » son opposition à l'entrée d'intérêts capitalistes chinois dans KNS. Une position déjà rapportée début septembre par le député loyaliste Nicolas Metzdorf.

Chargé du nickel, Alcide Ponga, membre du gouvernement calédonien, reste prudent. L'accord avec l'Union européenne « ne garantit aucun investissement », reconnaît-il, mais il « offre un cadre de travail supplémentaire » pour rapprocher les projets locaux d'éventuels investisseurs. Il insiste sur le fait que cet accord « n'a pas vocation à financer les pertes d'exploitation, à recapitaliser les usines ou à se substituer à leurs actionnaires ».

De son côté, Guillaume Kurek, directeur général de la Société Le Nickel (SLN), voit dans cet intérêt européen « une belle opportunité » pour valoriser le potentiel minier calédonien. La SLN est aujourd'hui la seule entreprise à vendre du nickel calédonien en Europe, à hauteur d'un peu moins de 10% de sa production.

Un accord contesté par les indépendantistes

Mais ce partenariat ne fait néanmoins pas l'unanimité. Le groupe indépendantiste Kanaky NC a boycotté la séance du Congrès consacrée lundi à la visite de Stéphane Séjourné. Il dénonce, dans un communiqué, une signature décidée sans consultation préalable des élus du Congrès. Il réclame que la stratégie nickel soit définie localement, avec les provinces, le Congrès, les autorités coutumières, les opérateurs et l'État.

À l'inverse, les loyalistes ont, eux, salué une « main tendue » de l'Europe. Pour Vaimu'a Muliava, membre du parti Éveil océanique, ce mémorandum « n'engage en rien » mais ouvre la voie à un travail sur une convention. « Nous vivons un moment de bascule où l'Europe doit nous dire quel est notre avantage compétitif à être européen aujourd'hui », estime-t-il.

En parallèle, l'État français a annoncé, lundi 12 octobre, une forte augmentation de sa participation au capital d'Eramet, groupe minier et métallurgique présent en Nouvelle-Calédonie. L'État, qui détenait fin 2025 un peu plus de 27% de l'entreprise, ne prévoit toutefois pas de franchir le seuil de 50% de capital détenu.

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