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Tuesday, October 6, 2026

Gros changement sur ChatGPT : l’IA va bientôt signer tous les textes qu’elle écrit à votre place

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OpenAI a annoncé l’arrivée d’une signature invisible sur ChatGPT et Codex. Tous les textes produits par l’IA dans l’Union européenne seront marqués d’un filigrane « dans les prochaines semaines » pour tous les abonnements, gratuits comme payants. Cette mesure vise à répondre aux exigences de l’AI Act, le règlement européen sur l’IA.

Ce lundi 5 octobre, OpenAI a annoncé l’arrivée d’un filigrane invisible dans les textes générés par ChatGPT et Codex au sein de l’Union européenne. « Dans les semaines à venir », OpenAI va incorporer « un filigrane invisible aux textes éligibles de ChatGPT et Codex dans l’Union européenne », écrit l’entreprise dans un billet de blog.

Cette nouveauté, de taille, concernera tous les abonnements, gratuits comme payants, mais concernera uniquement l’Union européenne. OpenAI précise que le filigrane textuel n’est pas pensé comme « un réglage par défaut mondial » à ce stade. Selon la start-up américaine, cette approche « donne de la marge pour apprendre des usages réels et des retours ». Avant de proposer le « watermark » dans le monde entier, le géant de l’IA veut d’abord voir comment ça se passe en Europe.

We’re expanding our approach to content provenance to include text in response to EU regulatory requirements, while recognizing the significant limitations of current text watermarking technology.

Our tools already help verify whether an image or audio file was created with our models. This work builds on those efforts to help people better understand when content may have been generated or edited with an OpenAI model.

In the EU, we’ll start watermarking eligible text from ChatGPT and Codex over the coming weeks to comply with the EU AI Act.

Customers using our API can turn on text watermarking for select models worldwide today.

— OpenAI (@OpenAI) October 5, 2026

Une signature cachée dans les textes de l’IA

Baptisée textGrain, la technologie utilisée par OpenAI « ajoute un signal statistique invisible aux choix de mots du modèle », explique le groupe. Un détecteur n’a ensuite qu’à rechercher le signal statistique pour évaluer si un passage porte la signature de ChatGPT, ou s’il vient plutôt d’un esprit humain. Il n’y aura donc pas de code ou de symbole caché dans les textes.

Quand ChatGPT écrit une phrase pour le compte de ses utilisateurs, il ne choisit pas un mot au hasard. À chaque étape, il hésite entre plusieurs mots qui conviennent, et choisit le plus probable. Avec le filigrane, OpenAI ajoute une règle secrète à la manière dont ChatGPT choisit les mots qui vont composer ses phrases. Cette clé secrète, uniquement détenue par OpenAI, pousse l’IA à choisir certains mots plutôt que d’autres, sans changer le sens ni la qualité du texte. Cette règle finit par créer une sorte de signature invisible, qu’un détecteur va pouvoir repérer. La start-up ne constate « aucune différence significative » de qualité sur les textes marqués du filigrane.

Un marquage IA qui est loin d’être infaillible

OpenAI affirme que textGrain a « égalé ou dépassé » les autres approches destinées à labelliser les contenus IA, dont SynthID, la solution de Google. L’entreprise s’empresse d’ajouter que « de bonnes performances en conditions idéales ne garantissent pas une détection fiable au quotidien ».

OpenAI admet d’ailleurs que le système n’est pas infaillible. Plus le texte est court, plus la détection se complique. OpenAI a conçu son détecteur pour qu’il se trompe très rarement, mais, une fois sur cent, il accuse à tort un texte écrit par un humain d’avoir été imaginé par ChatGPT. Sur un passage d’environ 150 mots, le détecteur retrouve le filigrane dans 80% des cas. Sur un passage deux fois plus long, d’environ 300 mots, le taux de détection grimpe à 95 %. Les textes

Sans surprise, la moindre retouche réalisée par un humain complique la détection du filigrane. En fait, « remplacer 10 % des mots par des synonymes a réduit la détection d’environ 92 % à 66 % », reconnaît OpenAI. La traduction du texte source complique également la détection de l’intelligence artificielle. Des outils de contournement promettent d’ailleurs déjà d’effacer les filigranes qui fonctionnent de la même façon.

De facto, « l’absence de filigrane détecté ne prouve pas qu’un texte a été écrit par un humain », prévient-elle. Le texte peut en effet être trop court, trop retouché par la main humaine, traduit, ou provenir d’une autre IA. Pour rappel, les détecteurs d’IA accessibles en ligne, comme le controversé Pangram, sont également loin d’être infaillibles. Côté confidentialité, OpenAI assure que le filigrane « n’identifie pas l’utilisateur » et n’associe aucun compte, requête ou conversation au texte généré par ChatGPT.

À lire aussi : Sur LinkedIn, vous allez enfin pouvoir dénoncer tous les posts IA insupportables

Un détecteur réservé aux chercheurs

Dans un premier temps, le détecteur de filigrane sera réservé aux chercheurs et organisations spécialisées. Ceux-ci devront aider OpenAI à évaluer la fiabilité du système, vraisemblablement en vue d’un déploiement grand public. Les développeurs peuvent quant à eux activer le filigrane dès maintenant sur certains modèles d’IA, partout dans le monde. Il reste toutefois désactivé par défaut.

OpenAI n’est pas la première entreprise à franchir le pas. Il y a deux mois, Anthropic annonçait déjà qu’elle allait signer tous les textes générés par Claude. En miroir de son rival, Anthropic précisait que l’outil a ses « limites », et refuse de parler de preuve irréfutable en cas de positif.

Une exigence de l’AI Act

En marquant tous les textes générés par ChatGPT, OpenAI se plie aux exigences de l’AI Act, le règlement européen sur l’IA. Depuis le 2 août, l’article 50 impose aux fournisseurs d’IA générative de rendre tous leurs textes identifiables par une machine. OpenAI, Anthropic, Microsoft, Google et Meta, ont jusqu’au 2 décembre 2026 pour se plier à la réglementation et éviter une amende.

L’arrivée de textGrain survient alors que l’essor de l’intelligence artificielle fait des remous dans tous les secteurs de la société, y compris dans le milieu littéraire français. Après avoir reçu plusieurs prix prestigieux pour son roman « C’était ça ou mourir », l’écrivain Thélyson Orélien a été accusé d’avoir eu massivement recours à l’intelligence artificielle. En dépit de ses démentis, l’Académie Goncourt a retiré le livre de sa première sélection « pour préserver l’intégrité du prix ».

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