Francken, Frederiksen, Meloni… les idées d’extrême droite en Europe gagnent du terrain

A la table de 27 chefs d’Etat et de gouvernement, les vieilles lignes de fracture s’estompent. Mette Frederiksen, Première ministre sociale-démocrate du Danemark et Giorgia Meloni, Présidente du Conseil italien et héritière d’un parti aux racines post-fascistes, partagent une même ambition : durcir radicalement la politique migratoire européenne.
Le renforcement des contrôles aux frontières, l’accélération des procédures de demande d’asile, le durcissement des règles d’expulsion et le renvoi vers des pays tiers occupent désormais le devant de la scène. L’accueil et la protection des réfugiés passent eux au second plan.
Vendredi dernier, au deuxième jour du sommet européen, cette convergence, s’est une nouvelle fois manifestée. Les deux dirigeantes ont proposé d’amender le projet de conclusions du Conseil européen pour y décrire l’immigration irrégulière comme "un défi sérieux pour la cohésion de nos sociétés" et une source "d’alarme sociale". Elles souhaitaient aussi mettre en place un mécanisme de consultation au niveau européen lorsqu’un gouvernement décide de régulariser des personnes sans papiers, au risque, selon elles, d’encourager l’immigration irrégulière. Dans leur viseur, le socialiste Pedro Sanchez. Le Premier ministre espagnol est devenu la cible de la droite et de l’extrême droite européenne depuis qu’il a lancé au printemps dernier une procédure extraordinaire de régularisation à grande échelle de migrants principalement originaire d’Amérique latine.
L’amendement n’a finalement pas été retenu. L’Espagne, la France et le Luxembourg s’y sont opposés. Les conclusions du sommet sur le chapitre migration se limitent à quelques lignes qui rendent mal compte de la dureté des discussions. Mais le rejet du texte ne signifie pas que les idées qu’il porte sont marginalisées car sur le fonds, le durcissement est déjà à l’œuvre.
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