L’animateur et journaliste Jean-Luc Mongrain s’éteint à l’âge de 75 ans

Jean-Luc Mongrain, qui a baigné dans l'univers des médias toute sa carrière, est décédé lundi à 75 ans des suites d'un cancer.
Le spécialiste des communications a commencé sa carrière médiatique à la radio locale CJRS à Sherbrooke en tant que lecteur de nouvelles en 1974.
Il s'est fait connaître plus largement par le public québécois à la barre d'émissions d'affaires publiques comme L'heure juste ou Mongrain de sel, diffusées sur le réseau TVA.
Sa marque de commerce : s'enflammer dans ses émissions avec un personnage au franc-parler sans retenue.

Jean-Luc Mongrain
Photo : Radio-Canada
Après son passage à Québecor, M. Mongrain se joint à l'équipe de l'émission d'information Le Grand Journal sur la chaîne TQS. Il y fera sa marque avec son style direct et sa manière très personnelle de couvrir l'actualité et de raconter les nouvelles plutôt que de les lire. Il y travaillera pendant la période où la chaîne adopte le surnom de « mouton noir de la télévision ».
L’animateur va réintégrer plus tard le réseau TVA, cette fois-ci à la chaîne LCN en 2009, pour une émission portant son nom de famille. Puis, il participe à l'émission Indemnes? sur la chaîne Investigation en 2015, au cours de laquelle il discutait avec des victimes de crimes divers.
La même année, il publie un livre intitulé Prendre la parole aux Éditions de l’Homme, dans lequel il prodigue des conseils pour s’exprimer en public.

Marie-Soleil Michon et Jean-Luc Mongrain à l'émission « Déjà dimanche! »
Photo : Radio-Canada / Élisabeth Cloutier
Plus récemment, le journaliste avait coanimé l'émission d'actualité Déjà dimanche! sur les ondes d'ICI TÉLÉ en duo avec Marie-Soleil Michon.
Pour son dernier projet en carrière, M. Mongrain reviendra à la radio en animant une série de balados où il discutera avec des personnalités influentes.
Aimé du public
Au fil des ans, Jean-Luc Mongrain s'est forgé une place de choix dans le coeur des Québécois qui l'ont suivi dans ses divers projets. Sa cote d'amour auprès du public n'a jamais vraiment faibli.
En témoignent les 18 prix Artis (MetroStar) décernés par le public en tant que personnalité de l’année et meilleur animateur en information et affaires publiques.

Jean-Luc Mongrain a remporté le prix de la meilleure émission d'affaires publiques au Gala Artis le 25 avril 2010. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes
Sa renommée et sa crédibilité sont telles qu’un incident sans précédent se produit en 1998. Un individu s’enferme avec une arme et prend une personne en otage, refusant de communiquer avec les autorités, ne souhaitant parler qu’à l’animateur vedette pour négocier.
Finalement, l’homme a consenti à relâcher son otage, qui était détenu depuis près de 24 heures, et à se rendre aux pompiers après avoir eu une conversation avec M. Mongrain.
Lors de ses entretiens ou de ses éditoriaux théâtraux, l’animateur ne cachait pas sa véritable opinion et se distinguait par son approche peu conventionnelle.
Avec le temps, son ton se démarque et certaines de ses envolées deviennent virales. Dans un extrait de l'émission Mongrain, il s'en prend de façon frontale à la bureaucratie scolaire et aux frais imposés aux parents.
Ce passage mémorable est connu sous le nom des « 17 duo-tangs! ». L’indignation exprimée par M. Mongrain dans cet éditorial a dépassé son contexte pour devenir une référence québécoise.
Ses trois leçons de vie
En entrevue sur les ondes d'ICI PREMIÈRE en mai 2026, Jean-Luc Mongrain est revenu sur les trois leçons apprises de son père.
Je n'ai pas eu de crise existentielle. J'ai eu un père qui a fait 56 métiers et 56 misères. Il a rapidement été hypothéqué dans sa santé. Il souffrait de diabète de type 2 et était hospitalisé plusieurs mois par année
, expliquait-il.
Un soir, alors que Jean-Luc Mongrain a 19 ans, il rentre à la maison et trouve son père couché au sol, incapable de se relever parce qu'il est tombé.
« Après l'avoir aidé à se relever, j'ai commencé à avoir une discussion avec lui. Il me disait que je devais m'arranger dans la vie pour être capable de dire non, pour pouvoir refuser parce qu’il y a tellement de gens dans la vie qui n’ont pas ce choix-là et qui doivent dire oui pour des raisons alimentaires, familiales ou économiques. »
« La deuxième leçon qu’il m’a apprise : si tu veux faire de l’argent dans la vie, tu dois être à ton compte. Si t'es employé, tu vas faire des sous, mais tu ne deviendras pas excessivement riche. Alors, je me suis arrangé pour toujours être indépendant. »
Enfin, la troisième leçon de son père, probablement la plus importante : Quand tu trouves quelque chose dans lequel tu es bien, fais-le avec passion parce que t'auras jamais l'impression de travailler.
Ce diplômé en théologie et enseignant en sciences religieuses a laissé l'éducation de côté pour plonger dans la marmite médiatique.
J'ai trouvé le métier de communicateur par accident et j'ai adoré ça. Je l'ai fait avec passion.
Jean-Luc Mongrain a commencé en cognant à la porte d'une station de radio de Sherbrooke qui a dit oui. « À partir de là, ma volonté de vulgarisation, même en passant par l’humour, la caricature et le commentaire, c’était de rendre accessible au plus grand nombre ce qui a priori peut sembler hermétique. »
Et sa carrière s'est étendue sur plus de 50 ans à la radio, à la télévision et dans les médias écrits.
Je me suis retiré parce que ça faisait 50 ans que je faisais ce métier. J’avais décidé dans ma vie que je commencerais ce que je voulais et que je partirais quand je voudrais. Je l’ai fait
, a-t-il déclaré.
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