"Tes petits copains, c'est des drôles de marioles !" : Jean Gabin ne supportait pas ces légendes du cinéma dans les années 60

Jean Gabin ne mâchait pas ses mots à l'égard de ceux qui dénigraient son travail ! Parmi eux, des monstres sacrés du cinéma français.
Dans les années 60, Jean Gabin n'avait pas vraiment d'affection pour les figures phares de la Nouvelle Vague. En cause : une certaine rancœur qui en disait long sur le fossé qui séparait ces deux générations de cinéastes. Une confidence faite par l'un de ses camarades à l'époque, Jean-Paul Belmondo.
Jean Gabin détestait Truffaut, Godard et les autres cinéastes de la Nouvelle Vague
Jean Gabin était une figure incontournable du cinéma français. On se souvient notamment de lui pour ses classiques comme La Grande Illusion de Jean Renoir, Quai des brumes de Marcel Carré, Touchez pas au grisbi de Jacques Becker ou encore Les Misérables de Jean-Paul Le Chanois. Mais à l'heure où une nouvelle génération de réalisateurs cherchait à bousculer les codes du septième art, le comédien ne faisait pas l'unanimité.
La raison ? Les critiques des Cahiers le jugeaient trop académique. Dans une interview, le regretté Jean-Paul Belmondo était revenu sur cette bataille qui a duré de longues années : "La Nouvelle Vague, soit Truffaut, Godard, Chabrol, lui avait tiré dessus à boulets rouges, alors il me faisait toujours : 'Tes petits copains, c'est des drôles de marioles'."
Si Belmondo était lui-même l'un des visages emblématiques de la Nouvelle Vague, il comprenait la rancœur de celui dont il a donné la réplique dans le classique Un singe en hiver d'Henri Verneuil : "Il l'avait en travers, ce qui était normal, car à cette époque, ils nous tiraient dessus. Ils voulaient vraiment le descendre."
"Il était très dur avec lui-même"
Au-delà de ces différends artistiques, Belmondo soulignait surtout le sérieux de Gabin au travail. "Il était très strict et dur avec lui-même (...) Je crois qu'il n'aimait pas les gens qui étaient un peu foutistes", avait-il expliqué. Gabin était d'ailleurs prêt à sortir de sa zone de confort pour prouver aux réalisateurs de la Nouvelle Vague qu'il était, lui aussi, capable de casser les codes.
Dans son ouvrage Gabin, le scénariste André Brunelin s'était souvenu d'une discussion qu'il avait eue avec l'acteur. Celui-ci lui avait confié : "Vos amis de la Nouvelle Vague, qu'est-ce qu'ils croient, ces petits morveux ? Que je suis fini et plus capable de m'intéresser à un genre de cinéma différent de celui que je fais ?", tout en ajoutant : "S'ils m'offrent un beau rôle, quelque chose d'intéressant, qu'ils tournent ça en mettant la caméra au plafond ou en filmant à travers leur poche, qu'est-ce que j'en ai à foutre, si le résultat est bien ?"
Malheureusement, la Nouvelle Vague n'a pas voulu lui donner sa chance. Pourtant, Jean-Paul Belmondo se souvient que certains réalisateurs ont failli céder : "Après, Truffait avait envie de tourner avec Gabin, je crois." Une occasion manquée !
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