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Monday, September 14, 2026

Défense nationale au Québec | Ottawa continuera d’investir, peu importe qui gouvernera

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(Banff) Il n’y a pas de monde dans lequel le ministre de la Défense nationale du Canada pense devoir céder des bases militaires canadiennes à un Québec indépendant dirigé par le Parti québécois.

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David McGuinty a un plan pour transformer la défense du Canada, et le Québec continuera d’en faire partie le lendemain de l’élection provinciale. Peu importe qui gouvernera.

« Le Parti québécois va être un gouvernement légitime s’ils sont là. Mais nous, on continue avec ce qu’on fait. On est un pays, les gens participent de plus en plus au Québec et le secteur industriel participe de plus en plus au Québec », explique le ministre David McGuinty dans une entrevue accordée à La Presse vendredi au terme de la retraite du cabinet fédéral à Banff, en Alberta.

Le Parti québécois a promis la tenue d’un référendum sur l’indépendance du Québec d’ici 2030, après le départ de Donald Trump de la présidence des États-Unis. Dans son « livre bleu » pour détailler son projet, le parti souligne que le « transfert des biens immobiliers fédéraux situés au Québec vers le Québec indépendant ne fait aucun doute », y compris les bases militaires.

On y note, par exemple, que les actifs immobiliers des Forces armées canadiennes « qui reviendront au Québec sont ceux qui se situent sur le territoire québécois ». Puis, que « les militaires qui seront présents sur le sol québécois lors de la transition vers l’indépendance seront invités à joindre les forces armées québécoises et à prêter allégeance à la nouvelle république ».

Pour le ministre McGuinty, le livre bleu est « un document politique », qui est « important », mais il n’a « absolument pas » accordé de temps à penser aux scénarios proposés.

« Juste parce que j’ai un plan à poursuivre. J’ai des investissements à effectuer et j’ai des changements à faire », dit-il.

Le ministre, qui représente une circonscription de la capitale fédérale depuis 22 ans aux Communes, s’anime lorsqu’il est question de la place du Québec dans l’industrie de la défense canadienne.

Dans une salle de conférence où il a une vue imprenable sur les Rocheuses canadiennes, le ministre étale en entrevue le contenu de ses notes de breffage au sujet de l’importance du Québec en la matière.

Il se targue de diriger un ministère, en incluant les Forces armées canadiennes, qui se trouve parmi les huit plus importants employeurs de la province avec plus de 26 000 membres du personnel.

M. McGuinty soutient que, présentement, au moins 24 % des emplois de l’industrie de la défense canadienne sont au Québec et que « ça augmente ».

Puis, il énumère des faits saillants dans l’industrie : General Dynamics à Salaberry-de-Valleyfield, la montréalaise Marconi qui est devenue la première entreprise au Canada à obtenir un contrat en vertu de l’accord conclu entre le Canada et l’Union européenne pour le programme d’approvisionnement en défense Agir pour la sécurité de l’Europe (SAFE) pour fournir des radios tactiques à l’armée polonaise.

Enfin, il y a Bombardier et le géant suédois Saab qui négocient une entente qu’Ottawa souhaite imminente pour la production d’avions-radars. Onze avions GlobalEye pourraient être vendus à l’automne, et le fédéral souhaite en acquérir six, avance le ministre. La semaine dernière, les Pays-Bas ont également annoncé leur intention d’en faire l’acquisition éventuellement.

Dynamique favorable

Mais il y a aussi une dynamique qui s’est installée dans les derniers mois entre les gouvernements Fréchette et Carney qui plaît à David McGuinty.

« Au Québec, ils sont bien organisés, négocient bien et puis en plus, le Québec, comme on dit en anglais : “They’re putting skin in the game” [ils s’impliquent]. Ils ont mis de l’argent chez Davie pour aider avec le contrat des six brise-glaces », dit-il en faisant référence aux centaines de millions de dollars versés par Québec dans la modernisation du chantier de Lévis. Ottawa a ensuite annoncé des contrats d’une valeur de 11,5 milliards de dollars pour la construction des navires.

[Les Québécois] n’ont pas du tout peur de participer avec nous bilatéralement, avec le fédéral, pour encourager les investissements.

David McGuinty, ministre de la Défense nationale

C’est que depuis que le Canada a lancé sa stratégie industrielle pour la défense avec pour objectif l’investissement de 500 milliards de dollars et qu’il a décidé d’injecter à grande vitesse des sommes colossales dans le secteur, le ministre soutient que le Québec a répondu présent « vite » et que l’industrie s’investit dans l’aventure.

Selon le ministère québécois de l’Économie, il y a plus de 430 entreprises ou organismes qui œuvrent dans le marché de la défense et plus de 900 autres seraient « intéressés », soit des organisations qui mènent des activités en défense, mais qui ne sont pas encore actives sur ce marché.

« Il y a une culture de start-up, une culture d’ingénierie, une culture de savoir-faire, une culture d’aéronautique au Québec et les gens veulent participer dans un nouveau secteur, explique le ministre. C’est incroyable, ce que Québec fait présentement. »

David McGuinty sur…

Les investissements en défense

« Pour être très, très direct, tous les gouvernements depuis 40 ou 50 ans ont été irresponsables au niveau des investissements de la défense […]. On rebâtit notre armée parce qu’on l’a laissé tomber à un niveau où c’est très sérieux. »

Les États-Unis et l’Ukraine

« Les États-Unis vont faire ce qu’ils vont faire. On peut contrôler seulement ce qu’on peut contrôler. On peut contrôler nos relations avec l’Ukraine, avec 30 autres pays de l’OTAN pour former des liens bilatéraux ou multilatéraux. Si les Américains veulent être là, no problem, bienvenue ! S’ils ne veulent pas, no problem ! Ce n’est pas personnel, it’s business. Alors il faut vraiment comprendre que l’on continue avec notre engagement avec l’Ukraine. »

Les dangers du monde actuel

« Si les gens croient que la Russie a fini [sa guerre en Ukraine], il faut peut-être repenser leur affaire. On doit vraiment se méfier avec ce qui se passe dans cette région. C’est loin de chez nous apparemment, mais les gens doivent comprendre que notre géographie ne peut plus nous protéger. L’Iran a envoyé un missile qui a voyagé 4500 km il y a deux mois […] ça veut dire que Téhéran peut effectivement frapper toutes les capitales en Europe aujourd’hui. »

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