Huit ans après l'assassinat de Jamal Khashoggi, ses proches dénoncent la complaisance envers le régime saoudien

Le 2 octobre 2018, le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, critique régulier de la monarchie saoudienne dans ses écrits, en particulier dans le Washington Post, trouvait la mort, assassiné selon la CIA par des agents saoudiens sur ordre du prince héritier Mohammed ben Salmane, provoquant l'indignation de la communauté internationale. Huit ans plus tard les proches de Jamal Khashoggi se sont rassemblés à Washington pour dénoncer l'impunité dont bénéficie MBS et son retour en grâce dans les cercles diplomatiques occidentaux.
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Avec notre correspondant à Washington, Vincent Souriau
Ils sont une grosse dizaine, pas plus. Les rares membres de la dissidence saoudienne en exil, dont le défenseur des droits humains Abdullah Alaoudh, qui regrette la diplomatie bien trop conciliante de Donald Trump vis-à-vis de l’Arabie saoudite : « Les États-Unis sous Donald Trump ont une approche purement transactionnelle. Rien sur les valeurs démocratiques, personne n’est tenu responsable de rien. Et lorsque l’administration dit qu’elle soutient d’abord les citoyens américains, il y en a ici avec nous dont la famille est en prison en Arabie saoudite, dénonce-t-il. Moi-même, 19 de mes proches ont l’interdiction de voyager en raison de ce que je dis ici, de mon militantisme et de mon travail politique. »
Le cercle rapproché de Jamal Khashoggi n’attend rien de l’administration américaine. En revanche, il attend beaucoup de la France où un juge d’instruction s’est saisi d’une plainte de Reporters sans frontières pour enquêter sur son assassinat. Au sein du rassemblement, on espère que cette enquête débute le plus vite possible.
Jamal Khashoggi a été assassiné le 2 octobre 2018 dans l’enceinte de l’ambassade saoudienne, à Istanbul. Son corps n’avait pas été retrouvé. Selon les enquêtes, après avoir été torturé, le journaliste avait été démembré. L'Arabie saoudite avait été vivement critiquée après l'assassinat de ce dissident. Les services secrets américains avaient alors pointé la responsabilité directe du prince héritier qui, à l’époque, avait été mis au ban de la scène internationale.
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