Au Royaume-Uni, les jardins botaniques s'adaptent à la sécheresse

Si l'été 2026 a été exceptionnel sur le plan de la chaleur et de la sécheresse, en Angleterre comme ailleurs, on se prépare à ce que ce soit la norme dans les prochaines années, en raison du réchauffement climatique causé par l’activité humaine. Dans le sud du pays, le jardin expérimental de la Société royale d’horticulture, à Wisley, tente de s’adapter à des étés de plus en plus chauds et de plus en plus secs, notamment en dupliquant ses collections.
De notre envoyée spéciale de retour de Wisley,
Les pelouses du jardin botanique de Wisley sont roussies par le soleil et la sécheresse. Les hortensias, d’ordinaire bleu pastel et rose fuchsia, craquent sous la brise. Les haies ont particulièrement souffert cette année. « Cet été a été stressant, avec la plus longue période sans pluie jamais enregistrée, alerte Edward Cooper, jardinier en charge des expérimentations. Nos haies se décolorent. Ce hêtre a pourtant 80 ans, il est idéal pour les haies sous notre climat, mais avec l’été qu’on a passé, même les plantes matures sont en stress hydrique. »
Ce jardin botanique possède près de 25 000 espèces de plantes. Mais après cet été inédit en chaleur et en sécheresse, certaines variétés risquent de cesser de pousser. « 20 à 25 % de nos espèces pourraient ne plus être adaptées au sud de l’Angleterre, explique le directeur du jardin, Tim Upson. Par exemple, les hortensias souffrent énormément. On va donc faire des boutures pour les transférer plus au nord, une sorte de police d’assurance. »
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Les collections seront ainsi dupliquées dans les autres jardins plus tempérés de la Société royale d’horticulture. Le botaniste ne cache pas une certaine excitation face aux défis climatiques qui l’attendent. « Revenez dans 10, 15, 20 ans ! Nous pourrions bien avoir de nouvelles plantes que vous n’avez encore jamais vues, s'enthousiasme-t-il. Et nos observations pourront servir à l’adaptation au changement climatique, en recommandant des plantes qui filtrent la pollution ou qui soutiennent la biodiversité. »
Trouver des plantes d'avenir
Ici, le maître mot est l’expérimentation : créer, évoluer, s’adapter. Edward Cooper a passé l’été à trouver les plantes les plus résistantes à la sécheresse. « On a par exemple des plantes qui étaient populaires il y a longtemps, comme les hélianthèmes, poursuit-il. Ils résistent bien à la sécheresse et pourraient être des plantes d’avenir pour les jardins. »
Assis près du grand plan d’eau du jardin botanique, Brian et Deborah sont venus glaner des conseils auprès des équipes d’Edward. « Nous allons devoir arrêter les plantes en pot, elles demandent trop d’eau », conclut Deborah. « Même nos parterres de fleurs ont souffert, nos impatientes, nos bégonias… On va devoir se rabattre sur des fleurs sauvages, plus hautes, pour moins arroser », ajoute Brian.
Après la sécheresse, le Royaume-Uni craint un automne et un hiver particulièrement pluvieux, qui pourraient aussi avoir un impact adverse sur les plantes et les jardins du pays.
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