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Saturday, October 10, 2026

Cinq défis environnementaux à relever pour le gouvernement du Parti québécois

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Le gouvernement minoritaire du Parti québécois héritera de défis majeurs en environnement, notamment en matière de lutte contre la crise climatique, de réduction de notre empreinte écologique et de protection des milieux naturels. Le Devoir vous présente cinq dossiers à surveiller.

Une cible climatique plus ambitieuse

Le Plan environnement du Parti québécois 2026-2034, présenté durant la campagne, prévoit de réviser à la hausse la cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) du Québec, après le recul imposé par le gouvernement Legault.

Selon ce qu’on peut lire dans le document, le gouvernement péquiste « établira une cible flexible de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2034, située d’abord à -42,5 % », par rapport au niveau de 1990. Cette cible, en hausse par rapport à celle de 37,5 % décrétée en janvier dernier par les caquistes, doit être assortie d’une « accélération des actions après 2030, garantissant ainsi le maintien de notre trajectoire vers la carboneutralité ».

Les péquistes ont aussi promis d’établir des « budgets carbone » à respecter pour réduire progressivement les émissions de GES, mais aussi des « feuilles de route sectorielles » pour décarboner les différents secteurs de l’économie québécoise.

Selon le plus récent bilan officiel, soit celui de 2023, les émissions du Québec ont reculé de seulement 20 % par rapport au niveau observé en 1990.

Protection accrue des milieux naturels

Pour affronter la crise de plus en plus grave du déclin du vivant, le Parti québécois a promis d’intégrer « la préservation de la biodiversité comme critère dans ses décisions publiques », tout en reconnaissant du même souffle que celle-ci a sévèrement décliné au cours des dernières décennies.

« Depuis 1970, les populations d’espèces en situation précaire ont augmenté de 72 % au Québec. Les milieux humides et hydriques, tels que les marécages et les tourbières, ont quant à eux perdu 66 % de leur superficie entre 1992 et 2020, tandis que l’artificialisation des sols progresse au détriment des milieux naturels, agricoles et forestiers », peut-on lire dans le plan environnemental du parti.

Pour inverser cette tendance lourde, la formation souverainiste dit vouloir adopter une « loi-cadre » afin de respecter ses engagements en matière de protection de la biodiversité. Ceux-ci prévoient « l’expansion d’un réseau représentatif et connecté d’aires protégées pour viser 30 % de territoire protégé d’ici 2030, notamment dans le sud du Québec, tout en accélérant la restauration des milieux naturels les plus dégradés ».

On compte également « moderniser » la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables et la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune, « en définissant la notion d’habitat essentiel et en renforçant les ressources consacrées à leur protection ». À l’heure actuelle, ces notions n’existent pas dans la législation, contrairement à ce qui existe du côté des lois fédérales.

Réduire le gaspillage de ressources par la « circularité »

Notre modèle économique « linéaire », basé sur une surconsommation des ressources, signifie que nous sommes pris dans une dynamique qui consiste à « produire, consommer et jeter », reconnaît le Parti québécois.

Dans l’ensemble, le Québec est ainsi responsable d’« une importante empreinte matérielle » de 271 millions de tonnes de ressources par année, soit 32 tonnes par habitant, constatait Recyc-Québec en 2024.

Le nouveau gouvernement souhaite corriger le tir en faisant de « l’économie circulaire un levier central de développement économique », précise le plan présenté en campagne électorale. « Son objectif sera de produire davantage de richesse ici en utilisant plus efficacement les ressources déjà disponibles sur notre territoire », résume-t-on.

« L’économie circulaire ne se limite pas au recyclage », souligne également le document des engagements péquistes en environnement. « Elle consiste à concevoir des produits plus durables, à réparer plutôt que remplacer, à réemployer les matériaux, à valoriser les matières résiduelles et à développer des modèles d’affaires avant-gardistes qui protègent les ressources dont dépend notre prospérité. »

L’adaptation climatique au menu

La crise climatique frappera de plus en plus durement le Québec au cours des prochaines années, avec une multiplication des vagues de chaleur provoquant des décès, une augmentation des feux de forêt, l’érosion côtière et une hausse des coûts d’entretien des infrastructures qui se chiffrera en milliards de dollars.

À la lumière de ces constats indéniables des experts, les péquistes promettent d’accroître les ressources destinées à l’adaptation, notamment pour les municipalités, les entreprises et le secteur agricole. On dit ainsi vouloir intégrer « systématiquement les risques climatiques dans les décisions gouvernementales, les grands investissements publics et la planification des infrastructures et des services essentiels ».

Dans son programme, le Parti québécois dit aussi vouloir « favoriser la conception et la rénovation de bâtiments mieux adaptés aux changements climatiques, notamment aux vagues de chaleur, aux fortes précipitations, aux inondations et aux autres événements météorologiques extrêmes, tout en favorisant une utilisation plus efficace de l’eau ».

La formation souverainiste promet aussi de « reconnaître la valeur des infrastructures naturelles », d’ajouter « des espaces verts et ombragés pour réduire la chaleur » et d’intégrer « systématiquement les risques climatiques dans les décisions gouvernementales, les grands investissements publics et la planification des infrastructures et des services essentiels ».

À l’heure actuelle, le financement prévu pour ces mesures doit atteindre 1,3 milliard de dollars pour la période 2026-2031.

La « mobilité » au-delà de la voiture

Le plan du Parti québécois en transport reconnaît un fait : « Depuis huit ans, la congestion routière n’a cessé d’augmenter au Québec. » Le nouveau gouvernement ajoute que, puisque les besoins en matière de mobilité ne cesseront de croître, « le Québec doit offrir davantage de choix ».

Cela ne veut pas dire de « moraliser les citoyens qui se déplacent en automobile, trop souvent faute d’alternative efficace », mais plutôt de développer d’autres options. « Investir dans le transport collectif, le transport actif et les nouvelles formes de mobilité permettra non seulement de réduire la congestion routière, mais aussi de diminuer le coût de la vie, d’améliorer la santé de la population, de renforcer la vitalité des centres-villes et des villages », fait valoir le programme péquiste.

En campagne, le Parti québécois a également pris l’engagement de créer une « Passe mobilité », offerte au coût de 95 $ par mois, « donnant accès à l’ensemble des réseaux de transport collectif urbains et régionaux du Québec ».

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