"Chaque fois qu’on s’endette, ce sont les générations futures qui auront la facture": Adrien Dolimont défend ses choix budgétaires

L’annonce est tombée cette semaine comme un coup de massue : 1217 emplois menacés chez GSK en Belgique, Adrien Dolimont ne l’avait pas vu venir. "On s’attendait à avoir une annonce. Ça fait quand même quelque temps qu’on entendait de plus en plus de bruits. Mais de là à annoncer 1217 postes en péril, non, on ne s’attendait pas à une annonce telle que celle-là", a reconnu le ministre-président wallon MR.
Et il tient d’ailleurs tout de suite à tempérer en témoignant de son soutien avec les familles "je ne vais pas dire des 1217 travailleurs parce qu’aujourd’hui, on ne sait pas encore le chiffre final. Ça va commencer à être négocié. On doit tout faire pour justement essayer de diminuer au maximum ce chiffre et rassurer sur l’avenir du site."
Car pour lui, l’enjeu dépasse largement les seuls emplois concernés. GSK est, rappelle-t-il, "le plus gros exportateur économique en Wallonie". Une position stratégique qui impose de "se projeter sur un temps long avec un acteur majeur".
Interrogé sur le paradoxe entre les 2,4 milliards de bénéfices du groupe et les suppressions d’emplois annoncées, le libéral a refusé de céder à ce qu’il appelle "les discours de la caricature". Il a rappelé que les aides publiques accordées à GSK, notamment le précompte chercheur et les réductions d’impôts liées à l’innovation, sont directement conditionnées à l’emploi : "Si on n’a pas de travail, on n’a pas ces réductions fiscales."
La restructuration s’inscrit selon lui dans un contexte mondial : "Ce qui se passe ici à GSK, à Wavre, ce n’est pas uniquement lié à la situation belge. C’est vraiment une stratégie de groupe où ils ont fermé Dresden, ils ont réduit en Pologne. Demain, ça sera peut-être en France, en Italie."
Plutôt que des "explications simplistes", il met en avant la chute de la demande mondiale de vaccins, alors que le site wallon en produit 50% pour le groupe. "Le business model développé historiquement a été concentré sur les vaccins. Et maintenant, on doit vraiment pouvoir diversifier cela."
Le budget wallon a été scruté au nord du pays avec une attention inhabituelle. La N-VA, partenaire du MR au fédéral, a critiqué le fait que la Wallonie "continue de vivre au-dessus de ses moyens" et n’ait pas touché aux allocations familiales, contrairement à la Flandre.
Adrien Dolimont n’a pas mâché ses mots : "Je ne suis pas un naïf. Quand je vois que la N-VA commence à avoir un narratif de plus en plus critique par rapport à la gestion que l’on a chez nous, c’est certainement pour cacher d’autres choses. Et donc, il y a certainement un petit jeu communautaire derrière."
A l’inverse, l’opposition wallonne lui reproche d’en faire trop : "Je pense que la vérité, au final, elle doit être au milieu des deux."
Sur le retrait de la hausse de la TVA des négociations fédérales, le ministre-président wallon n’a d’ailleurs pas caché son plaisir : "Oui, satisfait. Évidemment, on est satisfait. Mais je suis surtout satisfait pour l’ensemble des Belges. Ça aurait été une très mauvaise nouvelle. Et singulièrement, au final, pour les gens qui gagnent le moins et dont la part de la consommation dans leurs dépenses est énorme, ce sont eux qui auraient payé la facture."
Car Adrien Dolimont tient à le rappeler par rapport aux choix budgétaires : "Chaque fois qu’on dépense et qu’on s’endette, au final, ce sont les générations futures qui auront la facture."
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