Au Royaume-Uni, les prix record du litre de gazole fait grincer des dents

Au Royaume-Uni, le gazole a passé la barre symbolique des 2 livres sterling par litre, un record pour le pays. Entre la guerre au Moyen-Orient et mesures commerciales américaines, la flambée des prix pèse sur les Britanniques, qui pointent du doigt le manque d'anticipation de leurs gouvernements successifs.
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Avec notre correspondante à Londres, Sara Menai
Les pays du G7 vont libérer « jusqu’à 100 millions de barils » de diesel et de pétrole dans les quatre mois. L’annonce a été faite tout début octobre par Emmanuel Macron, qui assure cette année la présidence du G7. La mesure d'urgence est prise dans un effort coordonné pour tenter de calmer l'inflation des prix du carburant, alors que Donald Trump menace de bloquer les exportations américaines de pétrole pour faire baisser les prix aux États-Unis avant les midterms.
Cette mesure du G7 est donc bienvenue pour le Royaume-Uni, qui importe 55 % de ses approvisionnements en carburant, dont plus d’un tiers des États-Unis. Outre-Manche, le litre de gazole vient de franchir pour la première fois de son histoire le seuil symbolique des 2 livres sterling, soit 2,37€ au taux de conversion du 7 octobre.
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De quoi peser sérieusement sur les portefeuilles. Dans une station-service de la banlieue sud de Londres, les automobilistes ont les yeux rivés sur le compteur. Pour remplir un réservoir familial standard, il faut désormais débourser 130 euros environ, soit 38 euros de plus qu'avant le début de la crise. « On en arrive au point ou je suis obligée de limiter mes déplacements, glisse une femme venue faire le plein. Ça modifie votre mode de vie, ça change vos habitudes et ça vous limite dans votre liberté finalement. »
Des réserves qui se sont amenuisées
La crise était-elle prévisible ? C’est la question que se posent aujourd’hui les Britanniques. Après le début du conflit avec l’Iran et contrairement à ses voisins européens, le Royaume-Uni n'a pas constitué de stocks. Les gouvernements successifs préférant miser sur une accélération des énergies renouvelables. Aujourd’hui le Royaume-Uni ne dispose plus que de 42 jours de réserves, contre environ 900 jours pour l'Allemagne, la France et l'Italie réunies.
« Vouloir privilégier l’agenda écologique est louable mais avec le recul, ce n'était pas une bonne décision de la part de nos politiciens », réagit un homme à la pompe. Pour répondre aux Britanniques, Andy Burnham s’est dit favorable à la reprise des forages en mer du Nord, au large des côtes écossaises. Mais le Royaume-Uni va devoir agir rapidement puisqu’une part non négligeable de l’économie nationale, notamment les machines agricoles, les engins de chantier et les poids lourds longue distance, fonctionne au diesel.
Et en attendant, pour les automobilistes, beaucoup espèrent désormais une baisse des taxes sur les carburants. Réponse le 28 octobre, à l'annonce du budget d’automne.
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