Zazie : « Je fais mon âge, et alors ? Je vis très bien ma soixantaine ! »


Zazie, on vous a vue partout ces derniers mois pour la promotion de ce nouvel album. Après 35 ans de carrière, est-ce réellement un passage obligé ?
Ça ne me plaît guère toute cette promotion, mais je me mets à la place des gens. Quand il y a un artiste qu’on aime bien, on a forcément un peu envie de connaître la genèse de ses nouvelles chansons, mais aussi de prendre de ses nouvelles. Les médias permettent de maintenir ce lien. Cela dit, j’ai conscience d’être une privilégiée. J’ai la chance de faire un métier que j’aime, et dans de bonnes conditions. De temps en temps, je me dis que j’ai un don d’ubiquité. Je suis en train de faire un truc, puis je me vois à la télévision dans une émission qui a été enregistrée quelques jours plus tôt. (Rires)
Vous avez pris plus de temps pour concevoir ce disque. Pourquoi ?
Ma précédente tournée a duré plus longtemps que prévu. Dans un monde qui tourne parfois trop vite, il faut parfois accepter de prendre son temps. J’ai cette chance que les gens n’attendent pas forcément le prochain album de Zazie. Du moins, c’est mon impression. Je n’ai pas envie de revenir à la hâte et de proposer un album mal fichu. J’ai besoin de retrouver une forme d’honnêteté avec moi-même, c’est-à-dire une sorte de psychanalyse à travers l’écriture, avant d’aborder un sujet général ou un peu âpre, comme les travers de notre société.

La plus belle chanson du disque est certainement « La nostalgie », que vous dédiez à votre maman de 93 ans…
J’éprouvais le besoin de lui dédier un morceau. Elle souffre d’un trouble neurologique majeur associé à la maladie d’Alzheimer. On est tous confrontés, à un moment de notre vie, au grand âge, que ce soit avec nos parents ou nos grands-parents. Ce n’est jamais une période facile à vivre, mais j’ai réalisé que la seule mémoire qui reste vive, c’est celle du cœur. Ma mère parvient encore à jouer instantanément et par cœur des morceaux de Schumann dès qu’on lui évoque son nom. Ça me fascine à chaque fois.
Avez-vous peur de la mort ?
Non. Je suis intimement persuadée, pour avoir perdu des amis assez jeune, que le sentiment peut rester même si la relation s’arrête. Avec le sentiment s’accompagne les souvenirs. Mon père est d’ailleurs décédé il y a plusieurs mois. De temps en temps, je pense à lui et je souris. C’était un homme très drôle. Quand on me sert un bon vin, je me dit qu’il aurait adoré le goûter à son tour. Je préfère faire preuve d’optimisme.
Dans « Y’a plus d’saisons », vous faites un parallèle entre le dérèglement climatique et les violences faites aux femmes. Comment vous est venue cette idée ?
Il est difficile de mettre une certaine poésie sur la barbarie. J’ai beaucoup échangé avec des femmes maltraitées. L’emprise est un truc un peu bizarre. Elle s’immisce très rapidement, comme une fuite d’eau dans un plafond. Ce glissement dingue qui peut s’opérer entre l’amour et la maltraitance est beaucoup plus insidieux et invisible qu’on pourrait le croire. Le contraste entre l’écologie, qui évoque la nature, et le caractère contre-nature des violences s’est ensuite imposé à moi. J’ai d’ailleurs écrit ce texte avant l’été monstrueux que nous avons vécu. Toutes ces causes sont importantes et me questionnent beaucoup.
Vous avez une fille de 24 ans, prénommée Lola. Est-ce facile pour elle d’être considérée comme « la fille de Zazie » ?
Je ne pense pas. Elle a l’extrême élégance de ne pas me parler de tout ce qui a pu peser dans sa vie. Quand elle était toute jeune, il lui arrivait, alors qu’elle faisait la queue dans un manège, de s’amuser à dire que sa maman était une chanteuse célèbre. C’était mignon, mais elle a ensuite vu que c’était plutôt une tannée ! J’ai tenté de l’épargner au mieux de ma notoriété. J’ai toujours été très présente dans sa vie. Je vais continuer à l’être, et elle le sait.
Dans « Qu’est-ce que tu nous chantes », vous chantez d’ailleurs : « Faire son âge, paraît que c’est un gros mot. » Peut-on encore vieillir sereinement lorsqu’on évolue dans un métier où l’image occupe une place importante ?
Notre société semble avoir du mal avec le vieillissement. De temps en temps, on me dit que je ne fais pas mon âge. On prend généralement ça comme un compliment, mais moi, ça me dérange. Je préfère qu’on me dise : « Tu fais ton âge, et ça te va bien ! » Quand je vois ma gueule au réveil, je vous confirme que je fais mon âge. Et alors ? Je vis très bien ma soixantaine ! Plus on sera nombreuses à l’assumer, plus on aura de facilité à apprivoiser cette nouvelle forme de séduction. Elle s’affranchit des injonctions et des diktats de la société, mais elle est tout à fait intéressante. J’ai même trouvé une petite coupe moderne, un peu marrante et très seventies avec laquelle je me sens bien.
Play & Chill
Nos incontournables
Cette adresse réunit tout ce qu’il faut pour prolonger une sortie, du dîner japonais au karaoké
Une sauce violette, de nouveaux burgers et du poulet croustillant : ce qui change chez McDonald’s
Cette ville a déjà installé son immense sapin de Noël
300 jours de soleil par an : cette station de ski française a de quoi vous séduire
Maison et jardin
Vous avez peut-être des chauves-souris près de chez vous sans le savoir : voici pourquoi il faut être vigilant en automne
IKEA baisse encore ses prix en Belgique : des centaines de produits concernés
Halloween : 6 bricolages faciles à faire avec les enfants pour décorer la maison
Nos 10 meilleures adresses déco en Wallonie pour un intérieur qui vous ressemble
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.