Geely rejoint Nio pour faire changer d’échelle le battery swap
Geely a officialisé l’acquisition de 30 % de Nio Power, la filiale de Nio dédiée aux stations d’échange de batteries et aux bornes de recharge. Une alliance financière et industrielle qui montre les enjeux de la recharge.
Pendant des années, l’échange de batterie (battery swap) est resté la chasse gardée et l’argument commercial phare de Nio. Depuis, d’autres fabricants de véhicules et batteries (dont CATL) ont lancé des solutions concurrentes. Nio avait pourtant ouvert les discussions pour attirer des partenaires, sans que les autres constructeurs ne se précipitent vraiment sur la proposition.
Face à une concurrence de plus en plus rude sur le marché chinois et aux coûts colossaux des infrastructures de recharge, Geely et Nio ont choisi de faire front commun. L’accord conclu le 28 septembre 2026 est loin d’être anecdotique, rapportent des médias chinois comme Cnevpost.
Du cash, des stations et des participations croisées
Nio Power exploite déjà plus de 4 100 stations d’échange de batteries en Chine et vise le cap des 10 000 stations d’ici à 2030. L’accord annoncé ce lundi ne se limite pas à un simple partage de brevets, c’est un apport d’actifs qui valorise Nio Power à environ 16 milliards de yuans (presque 2,1 milliards d’euros).
- Geely prend 30 % de Nio Power : Geely injecte 640 millions de yuans en cash (environ 83 millions d’euros) et cède 100 % de sa propre filiale d’échange de batteries pour flottes commerciales (Yiyi Power), qui est directement intégrée dans le réseau de Nio.
- Nio entre chez Geely : En contrepartie, Nio prend une participation de 10 % dans la filiale de recharge de Geely (Haohan Energy).

Cet accord va permettre à terme aux deux entreprises d’interconnecter leurs réseaux de recharge respectifs (bornes de recharges et stations d’échanges de batterie).
William Li, patron de Nio, considère cette alliance comme un acte très pragmatique de « désescalade » pour freiner la guerre d’usure que se livrent les constructeurs en Chine. Il a déclaré : « Désormais, la convergence de ces technologies, la réduction des investissements redondants et du gaspillage, et l’amélioration de l’efficacité de chaque entreprise constituent un enjeu majeur pour les entreprises chinoises de véhicules à énergies nouvelles. »
Des modèles Geely bientôt compatibles avec les stations Nio
L’aspect le plus concret de ce rapprochement concerne le produit. Si Nio avait déjà ouvert la porte à d’autres constructeurs par le passé et adapté ses stations de 4ᵉ génération à la multi-compatibilité, le réseau restait, dans les faits, principalement utilisé par les modèles du groupe (Nio, Onvo, Firefly).
Avec cette prise de participation de 30 %, Geely passe aux actes : le géant chinois va développer des véhicules grand public (pour ses différentes marques) spécifiquement conçus autour de technologies et de standards unifiés. Pour le consommateur chinois, le changement de batterie en trois minutes passe ainsi du statut d’exclusivité Nio à celui de véritable standard industriel partagé.
Et en Europe ?
Alors qu’en Chine, les géants industriels s’unissent pour transformer le « battery swap » en une véritable infrastructure partagée et standardisée (au même titre que les bornes de recharge ultra-rapides), l’Europe continue de regarder cette technologie avec une défiance polie.
Hormis les rares stations Nio ouvertes en Allemagne ou en Norvège, aucun autre constructeur européen ne s’est, à ce jour, engagé dans cette technologie. En consolidant ses forces avec Geely, Nio renforce ses chances d’imposer sa technologie comme un standard en Asie. Une question demeure : est-ce que cela pourrait aussi accélérer son développement en Europe ?
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