« Évidemment, nous surveillons la Russie de très près » : l’Otan va procéder à un exercice nucléaire d’ici quelques jours


La tension continue de monter entre la Russie de Vladimir Poutine et les pays de l’Otan. En Lettonie, plusieurs avions de chasse de l’Alliance ont encore été mobilisés dans la nuit après une possible menace dans l’espace aérien, près de la frontière avec la Biélorussie. Un nouvel incident qui intervient alors que plusieurs services de renseignement européens alertent sur l’évolution de la menace russe.
Le chef de la Défense belge, Frederik Vansina, a lui aussi évoqué cette possibilité sur VTM NIEUWS. Selon lui, les services de sécurité s’accordent sur le fait que la Russie pourrait être suffisamment forte pour mener une attaque contre l’Otan à l’horizon 2029-2030. Mais certains alliés orientaux estiment désormais que ce délai pourrait être beaucoup plus court.
« Nous sommes dans une escalade avec la Russie », explique Vansina. Il évoque notamment la possibilité d’une action limitée destinée à tester la réaction de l’Otan et son fameux article 5. Il pourrait s’agir d’une attaque ponctuelle contre un pays situé sur le flanc oriental de l’Alliance, voire de l’occupation temporaire d’un territoire.
« Dans les prochains mois »
Le chef du renseignement tchèque, Michal Koudelka, se montre encore plus alarmiste. Interrogé par The Guardian, il estime qu’une action russe contre un territoire de l’Otan pourrait prendre différentes formes : une invasion limitée, une opération sous fausse bannière ou encore une vaste campagne d’influence. Et selon lui, un tel scénario pourrait se produire « dans les prochains mois », et non dans plusieurs années.
Le Premier ministre polonais Donald Tusk avait récemment tenu un discours similaire devant son Parlement. Il affirmait disposer d’informations selon lesquelles Moscou préparerait des attaques de drones et de missiles contre le territoire de l’Otan dans les mois à venir. L’objectif russe serait notamment de tester la solidité de l’article 5, qui prévoit une assistance collective lorsqu’un membre de l’Alliance est attaqué.
Une menace à nuancer
Tous les services de renseignement ne considèrent toutefois pas qu’une attaque soit imminente. Normunds Mežviets, le patron des services de sécurité lettons, reconnaît que Moscou prépare des actions plus dures en Europe, mais précise ne disposer d’aucune indication qu’une attaque soit actuellement imminente.
« Nous sommes dans une escalade avec la Russie »
Selon lui, ces préparatifs pourraient également s’inscrire dans une stratégie de déstabilisation. Il met d’ailleurs en garde contre le risque d’alimenter excessivement la peur, estimant que l’instabilité et l’incertitude dans les sociétés occidentales servent précisément les intérêts du Kremlin.
Les services européens s’attendent en revanche à une poursuite, voire à une intensification, des opérations de sabotage attribuées à la Russie. Le renseignement militaire suédois estime notamment que les cibles russes seraient désormais davantage liées au soutien occidental apporté à l’Ukraine.
Moscou, de son côté, rejette catégoriquement ces accusations. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a qualifié d’« absurdités » les informations faisant état d’une possible attaque russe contre l’Otan.
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