Qui seront les alliés et les ennemis sur le chemin du PQ au début de la session?
Est-ce réaliste pour le Parti québécois (PQ) d’appliquer à la lettre son plan pour les 100 premiers jours de mandat ? Pas si vite, dit l’opposition, qui aura inévitablement des choses à dire sur son programme.
Seront-ils alliés, opposés ou partagés ? Le Devoir a demandé aux trois partis d’opposition comment ils se positionnent vis-à-vis des causes défendues par le premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon. Voici leurs réponses.
Éliminer le poste de lieutenant-gouverneur
Allié : Québec solidaire (QS)
Partagés : Parti libéral du Québec (PLQ), Parti conservateur du Québec (PCQ)
Au cours du dernier mandat, le Parti québécois et Québec solidaire avaient pris l’habitude de sortir du salon Rouge quand la lieutenante-gouverneure, Manon Jeannotte, y pénétrait pour prononcer un discours. Un geste symbolique visant à démontrer leur désaccord avec la présence d’un représentant de la couronne britannique dans le parlement du Québec.
Si le PQ entend bel et bien couper les vivres à la lieutenante-gouverneure, QS sera donc à ses côtés. La co-porte-parole solidaire, Ruba Ghazal, avait d’ailleurs proposé de mettre fin au financement par Québec des frais de fonction de la lieutenante-gouverneure l’an passé.
Le PLQ et le PCQ ne sont pas non plus opposés à l’idée, mais estiment inapproprié que le gouvernement en fasse un de ses premiers gestes. « Pour moi, [ce dossier] croupit dans le fond des priorités des Québécois. Il n’y a pas un chat qui a parlé de ça durant la campagne », a déclaré le chef libéral, Charles Milliard, à Saint-Lambert jeudi, reprochant du même souffle au PQ d’« active [r] encore une fois un dossier identitaire pour faire diversion ».
« Je comprends qu’il y a tout un débat sur la monarchie, puis je suis en grande partie d’accord, en plus, avec la position du Parti québécois sur cet enjeu-là », a ajouté le chef du PCQ, Éric Duhaime, mercredi. « Cela étant dit, nous, on n’en fera pas une obsession. »
Geler le salaire des députés, des ministres et des dirigeants de société d’État
Alliés : PCQ, QS
Partagé : PLQ
Éric Duhaime estime cette mesure « tout à fait cohérent [e] avec des politiques conservatrices ».
« On ne peut pas demander aux gens de faire des sacrifices, les gens qui en arrachent. On ne peut pas demander aux employés de l’État, quand on est en pleine négociation de renouvellement de leur convention collective, de faire des efforts alors que les élus font tout le contraire », a-t-il lancé mercredi depuis l’hôtel du Parlement.
QS se dit également « d’accord » avec cette idée. Le parti s’était d’ailleurs opposé à une hausse prévue dans le dernier mandat et avait remis une partie de la différence à des organismes communautaires et de bienfaisance.
Le PLQ dit qu’il attendra de son côté de voir le contenu d’un éventuel projet de loi. En 2023, quand Marc Tanguay était chef intérimaire de la formation politique, le parti avait appuyé la hausse des salaires des élus proposée par le gouvernement caquiste.
Lutter contre l’itinérance
Alliés : PLQ, PCQ, QS
Sur le bureau du nouveau chef de gouvernement, c’est probablement le dossier le moins clivant. Le « grand rendez-vous » lancé par Paul St-Pierre Plamondon pour régler les défis liés à l’itinérance a jusqu’ici obtenu l’accord des trois partis d’opposition.
Pendant la campagne, QS avait proposé de créer un poste de « superministre » responsable de la lutte contre l’itinérance ; Paul St-Pierre Plamondon a dit en faire une « affaire personnelle ». Le PLQ avait pour sa part promis d’investir 60 millions de dollars par an de plus dans la lutte contre l’itinérance ; Paul St-Pierre Plamondon s’engage à « débloquer des sommes » au plus vite afin de réduire l’itinérance de moitié sur quatre ans.
Réduire la taille de l’État
Allié : PCQ
Partagé : PLQ
Opposé : QS
Le positionnement du Parti conservateur sur la question est simple. Si le gouvernement pose des actions pour réduire la taille de l’État, les élus conservateurs seront à leurs côtés.
Québec solidaire dit le contraire. En fin de campagne électorale, Ruba Ghazal avait d’ailleurs soutenu que le parti de gauche serait l’unique « rempart contre l’austérité » à l’Assemblée nationale.
Quoiqu’en accord avec l’idée de rendre l’État plus efficace, le PLQ veut être un chien de garde contre les suppressions massives de postes dans la fonction publique et protéger les services directs aux Québécois. Il estime par ailleurs que le prochain gouvernement n’a pas la légitimité pour abolir Santé Québec et en faire une « division » du ministère de la Santé, comme le PQ l’a promis en campagne.
Réduire les seuils d’immigration
Allié : PCQ
Opposés : PLQ, QS
Comme le PQ, le PCQ souhaite une réduction de l’immigration. Il souhaite s’assurer que les régions déterminent elles-mêmes leur capacité d’accueil, au moyen de tables de concertation régionales.
Le Parti libéral veut au contraire maintenir ou augmenter les seuils d’immigration permanente. Même chose pour Québec solidaire, qui a placé la barre à 70 000 nouveaux arrivants par année. Tous deux s’opposent à la réduction radicale du nombre de résidents non permanents prônée par le gouvernement péquiste.
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