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Thursday, October 15, 2026

La France et l'Allemagne s'entendent sur l'avenir de l'industrie automobile

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La France et l'Allemagne ont trouvé un accord provisoire pour préserver l'avenir de l'industrie automobile européenne, avec une ambition réduite sur le plan environnemental, mais un « Made in Europe » renforcé, ont indiqué des sources diplomatiques, en marge d'un sommet européen jeudi 15 octobre à Bruxelles.

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L'AFP a eu accès à un document négocié entre les deux capitales, et qui attend encore un ultime feu vert du parti social-démocrate (SPD) au sein de la coalition allemande. Selon ce texte, la France fait des concessions supplémentaires sur les émissions de CO2 des voitures en 2035 et l'Allemagne accepte une définition plus stricte de la préférence européenne, qui consiste à obliger les entreprises bénéficiant de fonds publics à se fournir en composants fabriqués en Europe ou dans certains pays partenaires.

Cette logique du « Made in Europe », une forme de protectionnisme, serait réservée à la production au sein des Vingt-Sept et chez des partenaires proches comme le Royaume-Uni, la Norvège ou la Suisse. Si la mesure est confirmée, c'est « une bonne nouvelle pour l'industrie automobile britannique », a salué Londres. Cet accord devrait permettre à l'Union européenne d'avancer sur son « paquet » automobile et sur sa législation sur la préférence européenne, en train d'être négociés entre les Vingt-Sept et au Parlement européen.

Flexibilités sur les véhicules thermiques

Pour y parvenir, Paris a validé des flexibilités supplémentaires pour les véhicules thermiques, que réclamait Berlin pour préserver sa puissante industrie automobile. Selon le document, les industriels devront baisser leurs émissions de CO2 de 90 % en 2035, mais pas compenser les 10 % restants, contrairement à une proposition initiale de la Commission européenne.

Ce texte justifie cette concession par « l'utilisation croissante de carburants » dits « renouvelables », dont les biocarburants. Le compromis propose aussi d'assouplir une proposition de Bruxelles visant à électrifier les flottes d'entreprises, en demandant d'intégrer certains véhicules thermiques à faibles émissions. Un mécanisme de « supercrédits », qui était réservé aux petits véhicules électriques moins coûteux pour favoriser leur développement, serait en outre étendu aux voitures électriques de plus grande taille. En échange, Berlin valide le principe d'une préférence européenne resserrée dans l'industrie automobile, dès 2028.

L'Allemagne a longtemps défendu un « Made with Europe » (« fait avec l'Europe »), élargi à de nombreux pays. Elle a finalement accepté des critères plus stricts, pour se concentrer sur l'Union européenne et de proches partenaires. L'intégration du Royaume-Uni enverrait un signal important à Londres avant le sommet UE-Royaume-Uni, prévu le 20 novembre à Bruxelles.

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Une approche équilibrée, selon l'Allemagne et la France 

L'Allemagne et la France estiment que cet ensemble de mesures constitue une « approche équilibrée », entre une « trajectoire ambitieuse de décarbonation européenne » et une prise en compte des « réalités » du marché automobile. Enfin, les deux pays plaident pour que ces textes européens soient « adoptés aussi rapidement que possible et simultanément », au sein des institutions européennes.

L'ACEA, le lobby des constructeurs européens, avait appelé mercredi à accélérer les négociations sur ce paquet automobile européen, en espérant une adoption début 2027. Les organisations environnementales fustigent quant à elles régulièrement les concessions faites à l'industrie au détriment de l'écologie.

Fin décembre 2025, c'est la ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, qui déplorait les flexibilités accordées aux véhicules thermiques dans la proposition initiale de la Commission européenne, pourtant plus exigeante que le compromis franco-allemand avancé jeudi.

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