Un livre de Marie-Victorin dédicacé à Marcelle Gauvreau vendu 6400$
Un exemplaire relié de la première édition des Croquis laurentiens, publié en 1920 par le frère Marie-Victorin, a été vendu mercredi soir pour 6400 $ à un acheteur en ligne anonyme lors d’une vente organisée par La Maison des encans. À cette somme s’ajoutent les taxes de vente ainsi que les frais de 15 % prélevés par la maison d’enchères. Il s’agit de l’un des prix les plus élevés obtenus pour un ouvrage du célèbre botaniste, dont la cote semble à la hausse depuis quelque temps.
La particularité de cet exemplaire relié de cuir et de papier marbré ? Il porte une dédicace manuscrite à Marcelle Gauvreau, la botaniste qui allait devenir sa proche collaboratrice, sa confidente, sa compagne intellectuelle et son amoureuse.
« Hommage à Mademoiselle Marcelle Gauvreau, de ce petit bréviaire des belles choses de notre Laurentie, frère Marie-Victorin », peut-on lire sur la page de faux-titre de cet ouvrage illustré par Edmond-J. Massicotte.
Cette dédicace prend un relief particulier à la lumière de la relation longtemps secrète qu’ont entretenue le religieux et sa proche collaboratrice. Leurs lettres, publiées à partir de 2018 aux Éditions du Boréal, témoignent d’une intimité qui dépassait largement leur passion commune pour la botanique. Cette histoire a d’ailleurs été portée au cinéma en 2024 par Lyne Charlebois, dans Dis-moi pourquoi ces choses sont si belles.
La découverte de cet exemplaire avait vivement ému Kevin Le Myre, de La Maison des encans. M. Le Myre considérait ce livre comme l’une des pièces les plus remarquables passées entre ses mains en dix ans de métier. Le biographe de Marie-Victorin, Mathieu-Robert Sauvé, avait toutefois rappelé au Devoir que les ouvrages dédicacés par le botaniste ne sont pas rares. C’est surtout l’identité de la destinataire qui rend celui-ci exceptionnel.
Le résultat de mercredi confirme par ailleurs l’intérêt grandissant des collectionneurs pour les livres de Marie-Victorin. En mai dernier, deux premières éditions provenant des collections de la Congrégation Notre-Dame avaient atteint des prix alors jugés remarquables : 1390 $ pour Flore laurentienne et 2060 $ pour les Récits laurentiens.
Le prix obtenu pour les Croquis laurentiens est donc plus de trois fois supérieur à ces résultats déjà élevés. Une somme qui semble consacrer autant le souvenir d’une relation singulière que l’héritage littéraire et scientifique du célèbre botaniste, auteur de Flore laurentienne, explorateur de la flore cubaine et fondateur du Jardin botanique de Montréal.
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