Crise pétrolière: l’Irak dévalue sa monnaie pour tenter d'encaisser le choc

Particulièrement touché par les conséquences de la fermeture presque totale du détroit d’Ormuz, l'Irak peine à exporter son pétrole : pour y remédier, la Banque centrale irakienne a dévalué mercredi 7 octobre son dinar face au dollar pour la première fois depuis plus de trois ans. Il s’agit du premier État arabe du Golfe à dévaluer sa monnaie depuis le début de la guerre israélo-américaine contre l’Iran.
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C’est une première en 3 ans pour l’État irakien. La banque centrale du pays annonce mercredi 7 octobre avoir dévalué sa monnaie, le dinar, d’environ 13 % face au dollar. Cette décision résulte directement de la chute des exportations de pétrole qui représentent en temps normal 90 % des revenus de Bagdad. Le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran depuis février dernier est la première cause de cette baisse importante.
La forte baisse des revenus pétroliers a entraîné une chute des réserves de devises étrangères d'environ 20 milliards de dollars. En parallèle cependant, les dépenses publiques en dinars restent très élevées. Face à ces contraintes, le gouvernement irakien a procédé à des emprunts pour être en mesure de payer les fonctionnaires et les retraités.
Stratégie risquée
Avec cette dévaluation, les autorités font donc le choix de réduire la valeur officielle du dinar pour faire face à la crise budgétaire. Objectif : pour la même quantité de dollars qui entrent dans les caisses de l’État, obtenir plus de dinars. Dans un communiqué publié mardi 6 octobre, la banque centrale a précisé la conversion en adoptant « un prix de vente du dollar de 1 520 dinars pour un dollar », contre 1 320 depuis février 2023.
Cette stratégie comporte toutefois un risque à court terme. Le prix des importations de produits étrangers pourrait être tiré vers le haut, alimentant l’inflation dans le pays alors même que l’économie irakienne devrait se contracter de près de 7 % cette année, selon les projections du Fonds monétaire international (FMI).
Avant le début de la guerre au Moyen-Orient, Bagdad produisait environ quatre millions de barils de brut par jour et en exportait en moyenne 3,4 millions, principalement via Ormuz. Après une forte baisse, ses exportations pétrolières sont remontées à 2,6 millions de barils quotidiens en septembre, selon les autorités.
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