En Hongrie, la majorité pro-UE commence à supprimer les lois anti-LGBT+ d’Orban

La nouvelle majorité pro-européenne arrivée en mai en Hongrie a commencé mardi à supprimer des lois anti-LGBT+ qui avaient été adoptées par le nationaliste Viktor Orban et condamnées par la justice européenne.
Le Parlement a adopté par 139 voix pour et 51 contre le texte qui abolit la législation interdisant depuis 2021, au nom de la protection de l'enfance
, l'évocation de l'homosexualité et de l'identité de genre auprès des mineurs.
Il s'agit du premier signe clair d'un changement de politique concernant les droits LGBT+ en Hongrie depuis l'arrivée au pouvoir du conservateur Peter Magyar.
Saluée par l'Union européenne
L'Union européenne a salué mardi un signal important d'engagement en faveur de nos valeurs communes
. Les droits des personnes LGBT+ sont des droits fondamentaux au sein de l'UE
, ont souligné les commissaires Hadja Lahbib et Michael McGrath dans une déclaration commune.

Le drapeau de l'Union européenne (UE) flotte sur le bâtiment du parlement hongrois, après que la nouvelle présidente du Parlement a ordonné, le 9 mai 2026, qu'il soit à nouveau hissé sur le bâtiment à Budapest.
Photo : Getty Images / AFP / FERENC ISZA
Peter Magyar affirme que ces modifications permettront à la Hongrie de se conformer au droit européen.
Il a toutefois présenté ces changements non comme un rétablissement des droits LGBT+, mais comme un renforcement des règles existantes de protection de l'enfance, indépendamment de l'orientation sexuelle
.
Son parti, Tisza, dispose d'une confortable majorité des deux tiers lui permettant de se passer du soutien du parti Fidesz de Viktor Orban, qui avait annoncé qu'il voterait contre.
Le fait que les restrictions d'accès aux contenus LGBT+ soient supprimées est certainement une avancée importante et positive.
Homophobes et transphobes
Viktor Orban avait progressivement restreint les droits LGBT+ en Hongrie, à commencer en 2020 par l'interdiction de la reconnaissance juridique des personnes transgenres.
La législation anti-LGBT+ avait été introduite l'année suivante sous la forme d'un ajout aux règles existantes de protection de l'enfance, officiellement destiné à lutter contre la pédocriminalité.
Elle interdisait l'évocation auprès des moins de 18 ans de l'homosexualité et d'une identité de genre différente du sexe assigné à la naissance.
Le texte avait suscité l'indignation des militants et de nombreux dirigeants de l'UE, qui dénonçaient la stigmatisation des personnes LGBT+ et l'amalgame établi entre relations homosexuelles et pédocriminalité.
L'an dernier, la législation avait été encore durcie pour servir de fondement à l'interdiction des marches des fiertés.
Un combat continu depuis 2021
En avril, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), la plus haute juridiction de l'UE, a estimé que la loi de 2021 violait l'identité même
du bloc.
À la suite de cet arrêt, la police a autorisé cette année les marches des fiertés.
Les modifications votées mardi vont supprimer les dispositions homophobes et transphobes
de la loi afin de se conformer à la décision de la CJUE, souligne Tamas Dombos.
À la place, la loi va prohiber la pornographie, l'exploitation sexuelle et autres contenus jugés susceptibles de compromettre gravement le développement physique, intellectuel, émotionnel ou moral de l'enfant
.
Mais il reste encore beaucoup à faire
, estime M. Dombos.
Et nous ne savons pas si le gouvernement travaille là-dessus
, a ajouté le militant des droits LGBT+, citant par exemple l'impossibilité pour les personnes transgenres d'obtenir une reconnaissance légale, même après une transition, ou pour les couples de même sexe d'adopter.
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