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Thursday, October 8, 2026

"Je ne veux pas devenir comme eux" : ce réalisateur deux fois oscarisé s'en prend à Argo et Ben Affleck

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Récemment invité dans un festival du film à Rio de Janeiro, le réalisateur iranien doublement oscarisé Asghar Farhadi a évoqué le film "Argo" de Ben Aflleck, sur lequel il émet un sévère jugement...

Le 4 novembre 1979, au summum de la révolution iranienne, des militants envahissent l’ambassade américaine de Téhéran, et prennent 52 Américains en otage. Mais au milieu du chaos, six Américains réussissent à s’échapper et à se réfugier au domicile de l’ambassadeur canadien. Sachant qu’ils seront inévitablement découverts et probablement tués, un spécialiste de "l’exfiltration" de la CIA du nom de Tony Mendez monte un plan risqué visant à les faire sortir du pays. Un plan si incroyable qu’il ne pourrait exister qu’au cinéma...

Troisième film de l'acteur-réalisateur Ben Affleck, après les réussis Gone Baby Gone et The Town, Argo tire très intelligemment partie d'une situation authentique (et tragique) pour livrer un thriller haletant et captivant, solidement mis en scène. Les Oscars ne s'y sont d'ailleurs pas trompé puisque le film a remporté les statuettes du Meilleur film et Meilleur scénario adapté.

Des récompenses qui n'ont pourtant pas empêché Ben Affleck d'être frustré, comme il l'avait expliqué au micro de l'animateur Jimmy Kimmel en janvier dernier. Il avait en effet ressenti une déception majuscule de ne pas être cité à l'Oscar du Meilleur acteur et / ou réalisateur. "Argo n’était pas seulement nominé pour l’Oscar du meilleur film, tu l’as remporté. Tu y as joué et tu l’as réalisé, et tu n’as été nominé dans aucune des deux catégories… c’est comme si le film s’était réalisé tout seul” lui lançait l'animateur. “C’est un peu l’impression que j’ai eue...” répondait Affleck.

"Qui vous a demandé de venir nous sauver ?"

Toujours est-il qu'il est au moins un cinéaste qui ne partage pas vraiment l'enthousiasme collectif pour le film d'Affleck, et pas n'importe lequel, puisque l'on parle du réalisateur iranien doublement oscarisé Asghar Farhadi.

Tout récemment invité au Festival du film de Rio pour présenter son dernier long, Histoires Parallèles, il a été interrogé sur le fait qu'Argo ait remporté l'Oscar du meilleur film en 2013, un an seulement après le sacre d'Une séparation dans la catégorie du meilleur film international.

"Le problème avec ce genre de films à Hollywood [et avec] certaines personnes aux États-Unis, c'est qu'elles regardent le monde de haut en bas. Un jour, vous devriez leur demander : pourquoi pensez-vous être en haut et que nous sommes en bas ? Je ne comprends pas pourquoi ils ont cet ego qui leur fait croire qu'ils sont en haut.

J'ai un problème lorsqu'ils se sentent au-dessus et pensent : "Les autres devraient être comme nous". Même si c'est une bonne intention et qu'ils veulent être gentils avec vous, ils souhaitent : "Un jour, vous deviendrez comme nous". Et non, je ne veux pas devenir comme eux.

Et d'enfoncer le clou : "Ces films ne sont pas profonds. Ils font ces films pour l'argent, c'est un business. Et dans ces films, c'est toujours un Blanc américain qui vient sauver les autres. Ma question est : pourquoi ? Pourquoi un Américain va à Cuba ou en Iran pour sauver des gens ? Les gens comprennent qu'ils peuvent se sauver eux-mêmes. Qui vous a demandé de venir nous sauver ?"

Des considérations qui ont aussi d'évidentes résonnances politiques, à l'aune de la brûlante actualité internationale, avec l'interventionnisme américain et la grave crise actuelle entre l'Iran et les Etats-Unis, dont les feux ne sont pas prêts de s'éteindre.

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