AirPods Pro se transformant en appareils auditifs | Apple déploie sa technologie dans cinq provinces… mais pas au Québec

Depuis cette semaine, des Canadiens peuvent officiellement transformer leur AirPods Pro en appareil auditif. C’est le cas dans cinq provinces… mais toujours pas au Québec.
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Lundi, la compagnie Apple a annoncé que sa fonctionnalité « appareil auditif » est désormais accessible sur les AirPods Pro (2 et 3e générations) dans les provinces où le cadre réglementaire le permet : en Colombie-Britannique, en Alberta, au Nouveau-Brunswick, à l’Île-du-Prince-Édouard et en Saskatchewan.
La fonctionnalité « audiométrie », pour sa part, est maintenant disponible sur les AirPods Pro « partout au Canada ». Elle permet de réaliser un test auditif sur ses écouteurs avec un iPhone ou un iPad compatible, puis de recevoir un sommaire des résultats, indique Apple dans un communiqué.
Nouvelle génération
La fonctionnalité « appareil auditif » d’Apple s’inscrit dans une nouvelle génération d’appareil auditif : les appareils auditifs en vente libre, appelés OTC aux États-Unis, pour over-the-counter. Certains se présentent sous forme d’applications associées à des écouteurs (comme la fonctionnalité d’Apple), d’autres sous forme d’appareils autonomes (Jabra, Ceretone, etc). Plus abordables que les appareils conventionnels, les OTC sont conçus pour corriger les pertes légères à modérées uniquement. C’est l’utilisateur qui les insère, et un logiciel qui fait les réglages.
PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE
Quelques appareils auditifs disponibles en vente libre
Leur distribution s’avère complexe au Canada. Santé Canada homologue les OTC de la même manière que les appareils auditifs conventionnels : comme des instruments médicaux de classe 2. Or, certaines provinces interdisent d’acheter des appareils auditifs sans prescription. C’est le cas au Québec, en raison de la Loi sur les audioprothésistes. C’était aussi le cas en Colombie-Britannique et en Ontario, mais ces deux provinces ont décidé d’exempter les OTC de cette obligation de prescription. Cet amendement est entré en vigueur en juin en Colombie-Britannique, et ce sera le cas sous peu en Ontario, selon un communiqué émis le 20 octobre par le gouvernement ontarien.
Apple affirme travailler avec les autres provinces dans le but de rendre disponible la fonctionnalité d’appareil auditif « dès que possible » (ce qui sera vraisemblablement bientôt le cas en Ontario). Et au Québec ? L’attaché de presse du Parti québécois, Alexandre Tanguay, a indiqué à La Presse que sa formation ne ferait pas de commentaire pour le moment. L’équipe de la première ministre sortante, Christine Fréchette, s’était engagée en septembre à permettre la vente libre de ce type de technologie chez les gens dont la perte auditive est légère ou modérée.
« Excellente nouvelle »
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Jérémie Voix, professeur à l’École de technologie supérieure
Le lancement de la fonctionnalité « appareil auditif » d’Apple dans certaines provinces canadiennes est « une excellente nouvelle », selon Jérémie Voix, professeur à l’École de technologie supérieure. Idem pour la fonction « audiométrie » : le dépistage devient ainsi plus accessible, dit-il, en particulier chez les gens qui n’auraient pas spontanément consulté un professionnel de l’audition.
Dans son laboratoire de recherche, l’équipe du professeur Voix réalise des essais électroacoustiques sur les OTC, dont les AirPods Pro. Les résultats seront accessibles au public plus tard cet automne sur le site audiorama.ca. « Ils sont très encourageants, dit-il. Ils montrent que les AirPods Pro offrent des performances électroacoustiques intéressantes, tout en respectant les critères de sécurité évalués. » Le professeur y voit, pour certaines personnes ayant une perte légère à modérée, « une alternative crédible » aux appareils sous prescription, dont la paire coûte au Québec entre 3000 $ et 8000 $.
Selon le rapport de la commission du Lancet sur la démence, la perte d’audition en milieu de vie est considérée comme l’un des facteurs de risque modifiable ayant le plus d’impact sur l’incidence de la démence.
À l’instar de la fonctionnalité d’Apple, les autres OTC homologués par Santé Canada peuvent aussi être vendus dans ces cinq premières provinces canadiennes. Sont-ils largement distribués dans les pharmacies et grandes surfaces ? Pas encore. Les détaillants sont « enthousiastes », mais ils « hésitent » encore à réagir, observe Clifton McPherson, vice-président des ventes d’Hearlux (Ceretone) au Canada. C’est, selon lui, une affaire de « planification » : comme certaines provinces comme le Québec les interdisent encore, la gestion des étalages et des commandes en ligne est plus complexe.
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