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Tuesday, August 25, 2026

«Une nuit de terreur»: en Haïti, une attaque de gangs au sud de Port-au-Prince fait plus de 40 morts

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Dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août, les gangs armés qui ensanglantent Haïti ont déferlé sur la commune de Kenscoff, sur les hauteurs de Pétion-Ville, où ils tentent de renforcer leur emprise depuis plusieurs mois. Un nouveau drame à la suite duquel le gouvernement a annoncé l'envoi de renforts afin de rétablir la sécurité dans la zone.

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Située sur les hauteurs de Pétion-Ville, au sud de la capitale Port-au-Prince, la commune autrefois paisible de Kenscoff a été la cible d'une nouvelle attaque attribuée aux gangs armés qui ensanglantent Haïti. Selon Massillon Jean, le maire de la ville cité par l'AFP, le bilan de l'assaut survenu dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août est très lourd : plus de quarante morts.

« Nous avons dénombré une quarantaine de cadavres. Les recherches se poursuivent. Certaines personnes sont toujours portées disparues », a déclaré l'édile qui évoque « une nuit de terreur ». Les membres des gangs « ont fait une incursion dans un camp de déplacés situé dans une église. Ils ont exécuté plusieurs personnes. On recense des morts et des dizaines de blessés. Certaines personnes ont été enlevées », a-t-il ajouté.

Alors que des corps étaient encore visibles dans les rues de Kenscoff lundi matin, la population se retrouve, elle, plongée dans une profonde détresse à l'image de cette femme, un morceau de tissu autour de la taille, qui ne peut retenir ses larmes face au cadavre de l'un des membres de sa famille. 

Encore sous le choc, un homme d'une soixantaine d'années a, lui, eu plus de chance : avec sa famille, il a réussi à échapper au massacre. « Je ne sais pas comment j'ai réussi à m'échapper, explique-t-il. Quand j'ai entendu les tirs, je pensais que c'était la police, mais c'était les bandits. Nous avons alors escaladé un mur, puis nous avons couru pour nous cacher sous des tôles. Il y a eu beaucoup de morts... »

« Ils ont pénétré de force dans la maison, enfoncé la porte et emmené mon mari »

Assise avec ses cinq enfants autour d'elle, en sanglots, Marlène, qui a perdu son mari et son frère dans l'attaque, ne parvient pas à cacher sa douleur. « Ils ont pénétré de force dans la maison, enfoncé la porte et emmené mon mari. Les bandits lui ont dit : "Marche, sinon nous vous tuons !", raconte-t-elle. Mais malgré cela, il s'est battu avec eux et ce matin, je ne peux que regarder son cadavre. Il me laisse avec cinq enfants alors que c'est lui qui subvenait à nos besoins... »

Face à la détresse des familles, le bureau du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a publié un communiqué dans lequel celui-ci exprime sa « profonde compassion » pour les victimes et leurs proches. Le gouvernement a également annoncé l'envoi de renforts afin de rétablir la sécurité à Kenscoff, où les groupes armés cherchent à renforcer leur emprise depuis le début de l'année 2025. Des annonces qui, pour l'instant, ne parviennent pas à enrayer la colère des habitants de la cité, une nouvelle fois confrontés à l’impuissance des autorités face à la violence des groupes armés.

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