Vieillir en bonne santé : cette heure d'endormissement serait associée au risque cardiovasculaire le plus faible

Une étude publiée dans l'European Heart Journal par des chercheurs de l'université d'Exeter a suivi plus de 88 000 adultes, d'une moyenne d'âge de 61 ans, pendant environ six ans. Grâce à un accéléromètre porté au poignet, les scientifiques ont enregistré l'heure précise d'endormissement de chaque participant, avant de croiser ces données avec l'apparition de maladies cardiovasculaires.
Le verdict est net : l'heure à laquelle on s'endort a une influence directe sur la santé du cœur et des artères. Cette découverte a quelques années, mais elle reste plus que jamais d'actualité et mérite qu'on s'y attarde sérieusement.
La fenêtre 22 h-23 h : pourquoi ce créneau protège votre cœur
Les bilans de l'étude sont tranchés. Les adultes qui s'endorment entre 22 h et 23 h présentent le risque cardiovasculaire le plus faible de tous les groupes analysés. Franchement, l'écart avec les autres créneaux est frappant :
- S'endormir après minuit augmente le risque d'AVC ou d'infarctus de 25 %.
- Se coucher avant 22 h l'élève de 24 %, soit presque autant.
- L'association entre heure de coucher et risque cardiovasculaire est particulièrement marquée chez les femmes.
Ce détail dans votre sommeil augmente de 26 % les risques de crises cardiaques et d’AVC !
Vous avez du mal avec l’idée de la routine ? Pourtant, elle est bonne pour votre santé cardiovasculaire, affirment aujourd’hui des chercheurs. Au moins en matière de sommeil.... Lire la suite
Ce n'est pas une élémentaire corrélation anecdotique. L'explication biologique est solide. Pendant le sommeil profond, la tension artérielle chute naturellement de 10 à 20 %. Ce phénomène, appelé décrochage tensionnel nocturne, donne au cœur et aux vaisseaux le temps de se régénérer. S'endormir entre 22 h et 23 h permet de caler ce repos cardiovasculaire au moment précis où l'organisme en a besoin.
À l'inverse, veiller tard perturbe l'horloge circadienne, ce mécanisme interne qui régule nos cycles biologiques sur 24 heures. Sans ce décrochage de tension, les artères s'usent plus vite. D'autres travaux ont par ailleurs établi un lien entre l'heure d'endormissement et le vieillissement cérébral, ce qui renforce l'idée que le timing du sommeil compte autant que sa durée.
Se coucher trop tôt ou trop tard peut déséquilibrer l'horloge interne, ce qui peut nuire à la santé cardiovasculaire. © fizkes, iStock
Retrouver un rythme sain : ce qui change vraiment
Pas question de culpabiliser si minuit est votre heure habituelle. Mais quelques ajustements concrets peuvent faire la différence, et ils sont tous accessibles sans ordonnance.
La régularité pèse lourd dans la balance. Des travaux récents montrent que varier son heure de coucher de plus d'une heure d'un soir à l'autre double presque le risque d'incident cardiaque. Autrement dit, un couche-tard régulier vaut mieux qu'un dormeur erratique qui se lève à 7 h en semaine et à 11 h le week-end.
Comment vos nuits influencent votre risque cardiovasculaire : 5 critères à surveiller
Qu'est-ce qu'un bon sommeil ? Suffit-il de mesurer la durée de l'endormissement ou l'absence d'apnée pour évaluer sa bonne qualité ? En réalité, cinq composantes permettent d'en juger et celles-ci pèsent aussi lourd dans le risque d’accidents coronariens et d’accidents vasculaires cérébraux dont l'association avec un mauvais sommeil est connue. Une étude démontre ainsi que 60 % de ces accidents pourraient potentiellement être évités en améliorant au moins l'une de ces composantes.... Lire la suite
Pour recaler progressivement son endormissement vers 22 h-23 h, trois leviers ont fait leurs preuves :
- Couper les écrans au moins une heure avant de dormir. La lumière bleue des téléphones et ordinateurs freine la sécrétion de mélatonine, l'hormone qui déclenche l'endormissement.
- Maintenir des horaires fixes, week-end compris. L'horloge interne ne prend pas de vacances ; lui imposer des horaires stables est le moyen le plus efficace de la stabiliser.
- S'exposer à la lumière naturelle dès le matin. Ce signal lumineux matinal recalibre le cycle circadien et facilite l'endormissement le soir venu.
Prix Nobel de médecine 2017 : l'horloge biologique à l'honneur
L’académie Nobel a décidé de récompenser les travaux de trois chercheurs américains sur les mécanismes de l’horloge biologique : Jeffrey Hall, Michael Rosbash et Michael Young. Ils reçoivent le prix Nobel de médecine 2017 pour avoir mis en évidence des gènes impliqués dans le rythme circadien de la drosophile.... Lire la suite
Ces réflexes ne transformeront pas un couche-tard convaincu en 21 h 30 du jour au lendemain. Mais avancer son heure de coucher de 30 minutes par semaine, c'est atteignable, et potentiellement déterminant pour la santé cardiovasculaire sur le long terme.
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