France: ouverture du procès de trois meurtres liés au narcotrafic, dont celui de Mehdi Kessaci

Le procès des assassins présumés du grand frère d'Amine Kessaci, un militant anti-narcotrafic marseillais, commence ce lundi 19 octobre. Il devra permettre de déterminer les responsabilités de chacun des accusés, sur fond de guerre de territoire. C'est un procès très attendu qui va se dérouler sous haute sécurité, car un des cadres présumés de la DZ Mafia est sur le banc des accusés. Pendant les trois semaines d'audiences, des renforts de police nationale et de gendarmerie sont prévus pour sécuriser la cour d'assises des Bouches-du-Rhône.
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Les audiences devant la cour d'assises de Marseille vont se dérouler sur trois semaines, à partir de lundi 19 octobre, avec un important dispositif sécuritaire en raison du profil des cinq accusés, dont deux figures de la grande criminalité marseillaise.
Les cinq suspects présumés sont accusés d'avoir assassiné, entre décembre 2020 et janvier 2021, trois personnes, dont Brahime Chabane, le grand frère d'Amine Kessaci, militant écologiste devenu une figure de la lutte antitrafic en France. Dans la nuit du 28 au 29 décembre 2020, deux corps calcinés sont retrouvés dans une voiture incendiée sous un tunnel réservé aux agents de service de l'autoroute A7.
Une semaine plus tard, un troisième corps démembré est retrouvé dans le coffre d'un autre véhicule carbonisé, près d'une déchetterie. L'enquête révèle que les victimes, impliquées dans le trafic, connaissaient leurs assassins et s'étaient rendues à un guet-apens.
Parmi les accusés, il y a Amine Oualane. Il est l'un des leaders présumés de l'organisation criminelle la DZ Mafia. À l'époque du triple meurtre, la DZ Mafia n'existait pas encore, mais la guerre entre les différents gangs marseillais pour contrôler des territoires faisait rage. Et c'est dans ce contexte que les trois victimes ont été éliminées.
Un procès qui « rouvre des blessures »
Amine Kessaci sera présent au procès. Le militant aujourd'hui sous haute protection policière a lui-même échappé à la mort en 2025. C'est son petit frère Mehdi qui est tombé sous les balles d'un commando à moto en plein centre de Marseille, en novembre 2025.
« Ce procès pour moi, il ne signifie pas la vengeance, il signifie la justice », a confié Amine Kessaci. Ce dernier, devenu depuis adjoint au maire de Marseille, sera entendu comme partie civile dans ce procès qui « réveille des souvenirs et rouvre des blessures ».
Face à la dangereuse montée en puissance du narcotrafic ces dernières années, le gouvernement français a pris des mesures comme l'installation de quartiers ultra-sécurisés dans les prisons, ainsi que la création d'un parquet spécialisé, le parquet anti-criminalité organisée (Pnaco), qui pilote depuis janvier les investigations les plus complexes liées au narcotrafic. Le dossier du meurtre de Mehdi Kessaci est l'un des plus sensibles qu'il ait récupérés.
Amine Kessaci, 23 ans, vit lui-même sous haute protection policière depuis plus d'un an. Avec le procès des assassins présumés de Brahim, « je serai face à tous les accusés, se prépare-t-il. Je serai debout et je les regarderai tous droit dans les yeux ».
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