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Monday, October 12, 2026

Le nouveau test de français pour les futurs profs se fait toujours attendre

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Annoncée pour la rentrée 2026, la nouvelle version de l’examen de français pour les étudiants en enseignement se fait toujours attendre. Un échéancier d’implantation sera établi en 2027, indique le ministère de l’Éducation qui n’autorisera pas l’utilisation d’un logiciel de correction lors de la passation de ce nouvel examen, comme le recommandait un groupe d’experts.

En juin 2023, Québec a mandaté un groupe de travail pour procéder à la révision du TECFÉE (nouvelle fenêtre), le Test de certification en français écrit pour l’enseignement, dont la réussite est obligatoire pour obtenir le brevet d’enseignement.

Mis en place il y a plus de 15 ans, cet examen avait été la cible de nombreuses critiques au cours des dernières années, notamment de la part d’étudiants qui ont dénoncé un exercice de mémorisation inutile. La deuxième partie du test, qui porte sur des expressions et mots de vocabulaire, avait aussi été remise en question par des acteurs du milieu universitaire. Le taux de réussite à cet examen est en baisse (nouvelle fenêtre) depuis les dernières années.

Une première phase d’expérimentation de la nouvelle version du TECFÉE s’est déroulée en novembre, suivie d’une deuxième mise à l’essai ce printemps dans quatre universités.

Un élève prend des notes dans une salle de classe.

La nouvelle épreuve se déroulera à l’écran, mais Québec n’autorisera pas le recours à un logiciel de correction, comme l’avait recommandé le comité d’experts.

Photo : iStock

Des améliorations doivent être apportées à une section spécifique du test pour laquelle un retour en mise à l’essai est prévu cet automne. Les travaux se poursuivent pour compléter le processus de validation du test, indique le ministère de l’Éducation dans une réponse écrite.

La nouvelle formule attendue avec impatience

Plusieurs étudiants attendent ce nouvel examen avec impatience, indique Maude Bouchard, qui a entamé sa quatrième année de formation en enseignement des mathématiques au secondaire à l’Université Laval.

L’étudiante, qui a dû passer le TECFÉE six fois avant d’obtenir la note de passage, a participé à la mise à l’essai du nouveau test le printemps dernier.

Une jeune femme est assise à une table devant un ordinateur portable.

Maude Bouchard étudie en enseignement des mathématiques à l'Université Laval.

Photo : Radio-Canada / Daphnée

La version qu’elle a passée, qui comprenait une production écrite et une tâche de correction de texte, était plus facile parce que le contenu se concentre moins sur les exceptions de la langue française, dit-elle.

Les universités s’attendent toutefois à ce que le niveau d’exigence du nouvel examen soit semblable. L’objectif n’est pas du tout d’avoir un test moins difficile, affirme Anabelle Viau-Guay, qui est présidente de l’ADÉREQ, l’Association des doyens et directeurs pour l’étude et la recherche en éducation au Québec.

Le nouvel examen sera toutefois plus contextualisé puisqu’il faudra expliquer pourquoi il y a des fautes dans un texte, en plus de les repérer, précise celle qui est aussi doyenne de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval.

Pas de logiciel de correction

La nouvelle épreuve se déroulera à l’écran, mais Québec n’autorisera pas le recours à un logiciel de correction, comme l’avait recommandé le comité d’experts.

Cette décision déçoit Priscilla Boyer, professeure à l’Université du Québec à Trois-Rivières qui a participé à ce groupe de travail. Pourquoi ne pas permettre l’utilisation des outils numériques comme on le fait dans la vie de tous les jours?, lance cette spécialiste de l'apprentissage de l'orthographe et de la grammaire.

Une femme portant un casque d'écoute fixe l'écran lors d'une entrevue en visioconférence

Priscilla Boyer est professeure à l'Université du Québec à Trois-Rivières et spécialiste de l'apprentissage de l'orthographe et de la grammaire.

Photo : Radio-Canada

Le recours à un logiciel de correction aurait pu s’accompagner d’un rehaussement du seuil de réussite afin de maintenir un niveau d’exigence similaire, avait conclu le groupe d’experts.

Même si elle comprend l’importance du processus de validation en cours, Mme Boyer presse Québec de mettre en place rapidement le nouvel examen.

La version actuelle n’est plus adaptée à la réalité d’aujourd’hui et peut même causer beaucoup de préjudices aux étudiants selon les régions de provenance, en raison d’expressions très spécifiques moins répandues par endroit, affirme-t-elle.

Les étudiants sont ainsi condamnés à mémoriser une liste presque infinie de mots et de définitions pour réussir leur épreuve, déplore cette experte.

C’est dommage parce que les années passent et on n’a toujours pas la nouvelle épreuve, laisse-t-elle tomber.

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