Éthiopie: des conséquences «très graves» si l'Érythrée «sert de base à nos ennemis», prévient Addis-Abeba

Les conséquences seront « très graves » si l'Érythrée « sert de base à nos ennemis », a mis en garde le 19 octobre 2026 le Premier ministre éthiopien, dans un climat de plus en plus tendu entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique qui fait craindre une nouvelle guerre. Dans la même interview, Abiy Ahmed a estimé que « des relations de bon voisinage et un partenariat constituent la seule voie à suivre ».
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L'Éthiopie lance un ultimatum à l'Érythrée sur fond de tensions entre les deux pays, qui ont rompu en octobre leurs relations diplomatiques. Addis-Abeba accuse Asmara de soutenir le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et l'Érythrée accuse son voisin de vouloir prendre le port d'Assab situé sur son territoire.
Lundi soir, le Premier ministre éthiopien a donné une interview en tigrinya, la langue parlée au Tigré et en Érythrée, sur une chaîne de télévision publique. Abiy Ahmed y a évoqué la possibilité d'un partenariat économique. C’est, selon lui, la seule alternative possible au conflit.
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Le chef du gouvernement éthiopien a longuement décrit la situation économique de l'Érythrée. « L'exil et la misère sont devenus le lot quotidien du peuple érythréen », a-t-il affirmé, opposant la situation actuelle du pays à son activité industrielle et commerciale d'avant son l'indépendance de 1993. Avant d'affirmer que « des relations de bon voisinage et un partenariat constituent la seule voie à suivre ». Puis de menacer : « Ignorer nos appels aura des conséquences très, très, très graves. »
Pour Kjetil Tronvoll, spécialiste de la Corne de l'Afrique à l'Université d'Oslo, la proposition d'Abiy Ahmed est difficile à mettre en pratique car « il n'y a plus aucune confiance entre les deux gouvernements ». Cependant, selon lui, « il serait dans l'intérêt de l'Érythrée de s'associer à l'Éthiopie, par exemple en exploitant le port d'Assab aujourd'hui inutilisé ».
La semaine précédente, la Russie s'est dit prête à jouer un rôle de médiateur et à offrir une plateforme de négociations en marge du Sommet Russie-Afrique qui doit avoir lieu le 28 et 29 octobre à Moscou.
Le dirigeant de l'Érythrée, Isaias Afwerki, doit participer au sommet et Abiy Ahmed y est aussi invité.
Le dialogue est toutefois aujourd'hui au point mort entre les deux États, ce qui inquiète la communauté internationale quant à la possibilité d'un nouveau conflit entre les deux pays.
Depuis plusieurs mois, l'Érythrée s'est alliée au TPLF contre le gouvernement fédéral. Ces dernières semaines, des milliers de soldats érythréens sont entrés en Éthiopie, avant d'être repoussés par des frappes de drones.
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