Le Tyrannosaurus rex avait le sang chaud

Ils ont enfin réussi à déterminer la température du Tyrannosaurus rex, et il avait presque la même que nous : 36 degrés Celsius. C’est primordial de connaître la température d’un animal, parce que cela conditionne son comportement, son métabolisme, la façon dont il réagit à un climat changeant. Sans ça, il est difficile de bien le comprendre.
Mais qu’est-ce que ça change de savoir que le T. rex faisait 36°C ? Ça signifie que, comme de nombreux dinosaures, il appartient à la catégorie des animaux à sang chaud, et qu’il a un métabolisme rapide. Les reptiles sont quant à eux des espèces à sang froid, et ont une température d’environ 28 degrés. Bien que le T. rex soit un reptile, écailleux, qui pond des œufs, sa température ressemble plutôt à celle d’un mammifère poilu.
L’endothermie, ou avoir le sang chaud
Avoir le sang chaud et un métabolisme rapide, ça s’appelle l’endothermie, et c’est probablement l’une des clés du succès évolutif des mammifères et des oiseaux, car ils se reproduisent plus vite et peuvent être plus actifs, plus longtemps. "Jusque dans les années 1960, les dinosaures étaient représentés comme de grands reptiles lents", explique Aradhna Tripati, climatologue et directrice du Center for Diverse Leadership in Science. Cette découverte contredit donc définitivement ce mythe. Le T. rex était un prédateur rapide ou un charognard, avec des besoins alimentaires élevés, pour maintenir son métabolisme. Il était aussi capable de vivre dans des climats froids, mortels pour les autres reptiles.
Pour établir cette température, les chercheurs ont analysé l’émail de fossiles de dents de tyrannosaures, issus du Muséum d’Histoire naturelle du comté de Los Angeles à l’aide d’une spectrométrie de masse. Cet émail est composé d’isotopes de carbone et d’oxygène. Lorsque la température ambiante est froide, ils créent beaucoup de liaisons entre eux. Au contraire, plus la température est élevée, moins il y a de liaisons. Et c’est face à ce deuxième scénario qu’ont été confrontés les chercheurs.
Une technique enfin suffisamment précise
Robert Eagles et son équipe travaillent sur cette méthode depuis 2011. En 2023, ils avaient déjà pu déterminer la température du mégalodon. Mais il a fallu une dizaine d’années pour que la technique se perfectionne. "Personne ne prête une dent de T. rex tant que tu ne leur as pas prouvé que tu n’avais besoin que de quelques milligrammes", ironise Robert Eagles.
Grâce à ces innovations technologiques, l’équipe de chercheurs va maintenant pouvoir explorer l’évolution de l’endothermie dans les lignées de dinosaures, d’oiseaux, de mammifères et de grands prédateurs marins du passé.
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