Ils ont transporté un marais entier pour lui faire subir une tempête extrême du « millénaire » : voici ce qui s'est passé

À situation extrême, mesures extrêmes ! Des scientifiques néerlandais ont prélevé 306 mètres carrés d'une réserve naturelle sur la côte de la mer des Wadden. Puis ils ont reconstitué le marais salant au sein du plus grand générateur de vagues au monde, le « Delta Flume ».
Pourquoi ?
Delta Flume is a 300 meter long human-made flume with a wave generator that is capable of producing waves as tall as five meters, based in Delft, The Netherlands. It's the world's largest artificial waves [source, by Deltares Research Institute: https://t.co/m053HtTSeE] pic.twitter.com/SOTUH99OpE
— Massimo (@Rainmaker1973) December 2, 2021
Pour comprendre comment la nature pourrait venir en soutien des digues, murs de protection ou autres barrages lorsque la tempête fait rage et que le niveau de la mer monte dangereusement. « Les conditions que nous voulions tester ne se produisent encore que très rarement, une fois tous les quelques milliers d'années. Nous ne pouvions pas atteindre qu'un tel événement surviennent alors, nous avons amené le marais salant à la tempête », justifie l'ingénieur hydraulicien Pim Willemsen de l'université de Wageningue dans la presse.
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Et ce que son équipe a observé a surpris tout le monde.
Ils ont fabriqué une tempête millénaire en laboratoire
L'expérience décrite dans la revue Nature montre que ces paysages ont la capacité de dissiper l'énergie des vagues avant qu'elles arrivent jusqu'aux zones bâties. Pim Willemsen s'y attendait.
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La surprise est venue de l'extrême résistance du marais salant.
Les chercheurs ont pris d'extrêmes précautions pour s'assurer d'en transporter les blocs de 3 à 6 tonnes sur 250 kilomètres en leur conservant un état proche de leur état initial : une couche de sol de 0,4 à 0,7 mètre d'épaisseur avec la végétation qui y poussait maintenue humide.
Puis, le marais salant a été soumis à des vagues dont la hauteur a progressivement été augmentée, passant de 0,75 à 2 mètres, en continu pendant 21 heures. De vraies conditions extrêmes. Et dès la première série de vagues, un tiers de la biomasse végétale aérienne a été perdue. À la fin de l'expérience, il en restait moins d'un quart. La longueur des tiges avait diminué de près de moitié.
Face aux vagues géantes, le marais lâche-t-il prise ?
La végétation a été endommagée, mais contrairement à une digue en béton, elle peut se régénérer après la tempête. D'autant que l'érosion constatée n'a pas dépassé les 7 millimètres.
Petit bémol, toutefois : les marais salants se sont révélés beaucoup plus efficaces lorsque les vagues ne dépassaient pas un mètre. Ils ont alors réduit leur énergie jusqu'à 50 %. Lorsque les vagues allaient au-delà, la réduction ne dépassait plus 10 %.
— NXT EU (@NXT4EU) May 7, 2026The Delta Works are a system of barriers, dykes and locks to keep the Netherlands safe from flooding.
Constructed after the devastating floods of 1953, taking the lives of 1.836 people, the Netherlands began construction of this megaproject.
A true European masterpiece ???????? pic.twitter.com/l9dofDBpnL
Après le Plan Delta, place aux marais ?
Avec un quart de son territoire en dessous du niveau de la mer, les Pays-Bas connaissent bien le risque inondation. En 1953, un violent raz de marais y a emporté plus de 1 800 personnes en une nuit. Et puis le « Plan Delta », le plus grand système de défense contre la montée des eaux au monde, a été conçu pour éviter que le pire se reproduise. Ça a fonctionné.
Engineering Genius of the Delta Works a massive flood defense system in the Netherlands, built after the North Sea Floods of 1953
— Science girl (@sciencegirl) April 8, 2025
pic.twitter.com/UGc6BScAn9
Mais la donne est en train de changer.
Nos émissions de gaz à effet de serre font grimper les températures et bouleversent notre climat. Le niveau de la mer monte. Les tempêtes se multiplient, se déchaînent. Les infrastructures existantes sont durement sollicitées. Et la situation va encore s'aggraver.
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La restauration et la préservation des marais salants, plus économiques que la rehausse des infrastructures existantes, pourraient bien s'inscrire dans une sorte de « Plan Delta 2.0 », en complément des digues. Pas seulement aux Pays-Bas.
Alors une question se pose : et si la meilleure protection contre la mer qui monte et se déchaîne n'était pas seulement bétonnée, mais aussi... vivante ?
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