Lufthansa remporte la course à la privatisation de TAP: le signe que le secteur aérien résiste au choc pétrolier?

Le groupe allemand Lufthansa, déjà le premier transporteur aérien européen, a remporté mercredi 14 octobre la course à la privatisation partielle de la compagnie nationale TAP Air Portugal devant le franco-néerlandais Air France-KLM. Pour ce faire, la compagnie allemande a mis sur la table plus d’un milliard d’euros : la preuve que, malgré la crise des carburants qui fait flamber les factures des compagnies, le secteur aérien résiste.
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Afin d'acquérir 44,9 % du capital de TAP, Lufthansa a raflé la mise avec une offre chiffrée à 1,025 milliard d'euros, supérieure aux 850 millions d'euros mis sur la table par son concurrent, a annoncé le gouvernement portugais. Cela pour s'assurer l'ouverture des portes du marché sud-américain, notamment : la TAP opère historiquement de nombreuses dessertes au Brésil, mais aussi en Afrique de l’Ouest, autant de marchés en pleine expansion.
Lufthansa parie donc sur l'avenir, malgré un horizon assombri par la crise énergétique et la flambée des prix du kérosène. Car si le trafic aérien continue de progresser, les bénéfices des compagnies sont impactés : cela risque de favoriser de nouveaux rachats ou fusions d’entreprises en Europe.
Cette stratégie de survie typique pour tout secteur en crise s’est particulièrement renforcée chez les compagnies aériennes au moment de l'essor du modèle « low cost », ainsi que pendant la crise du Covid-19.
Après avoir obtenu le feu vert du gouvernement portugais pour une participation minoritaire, Lufthansa poursuit des discussions continues avec la TAP en vue d'un potentiel rachat total de la compagnie portugaise. « Un investissement minoritaire ne correspond généralement pas à notre stratégie », a expliqué lors d'une conférence avec des analystes le président du directoire de Lufthansa, Carsten Spohr.
Il doit obtenir en 2028, sous réserve des autorisations réglementaires, 44,9 % du capital pour 1,025 milliard d'euros. 5 % sont réservés aux salariés, et selon leur niveau de souscription, la participation de Lufthansa pourrait atteindre 49,9 %.
Le premier groupe de transport aérien européen doit aussi achever au premier trimestre 2027 une montée au capital d'ITA Airways, ex-Alitalia, allant de 41 % à 90 %. Le groupe, également propriétaire des compagnies Lufthansa, Eurowings, Swiss, Brussels, Austrian Airlines, poursuit depuis deux décennies une stratégie d'acquisition de compagnies nationales.
Si Lisbonne a donné son accord, le rachat partiel de TAP doit encore être validé par les autorités de la concurrence et la Commission européenne.
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