Graines « de l’apocalypse » : leur durée de conservation réelle réserve une mauvaise surprise, révèle une étude

Conservées à très basse température, à l'abri de l'humidité, certaines semences peuvent traverser plusieurs décennies sans perdre leur capacité à germer. Des chercheurs australiens ont voulu savoir lesquelles résistaient le mieux au temps en analysant 3 861 lots stockés dans l'Australian Grains Genebank (AGG), l'une des plus importantes banques de ressources génétiques agricoles au monde.
Leur étude, publiée dans la revue Plant Genetic Resources, porte sur six grandes cultures tropicales : le sorgho, le haricot commun, le haricot mungo, le soja, le pois d'Angole et le haricot adzuki. Certaines graines étaient conservées depuis les années 1960, dans des sachets scellés à environ 15 % d'humidité relative et maintenus à -20 °C.
Parmi elles, le haricot mungo (Vigna radiata) se distingue particulièrement. Même après 45 ans de stockage, certains lots affichaient encore un taux de germination supérieur à 90 %. Le haricot commun et le soja ont eux aussi conservé une forte viabilité pendant plusieurs décennies.
Les graines de haricot mungo se sont révélées parmi les plus résistantes. Certains lots conservés depuis 45 ans affichent encore plus de 90 % de germination. © Earth100, Wikimedia Commons
Mais les graines les plus fragiles déclinent rapidement
Toutes les espèces sont cependant loin d'afficher une telle résistance. Les graines de pois d'Angole se sont révélées les moins performantes lors des tests. Après environ 36 ans de conservation, seuls quatre lots dépassaient encore 85 % de germination.
Le haricot adzuki affiche, lui, l'estimation de longévité moyenne la plus faible : seulement 17,4 ans. Des résultats qui montrent que certaines collections devront être renouvelées bien plus souvent afin d'éviter la disparition progressive de variétés précieuses.
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Car une banque de semences ne se contente pas de conserver des sachets au congélateur. Lorsque leur viabilité diminue, les graines doivent être remises en culture pour produire une nouvelle génération de semences destinées à remplacer les anciennes.
Des modèles beaucoup trop optimistes ?
Le principal enseignement de l'étude est peut-être ailleurs. Jusqu'ici, certains modèles prédisaient une durée de conservation extraordinairement longue pour les graines stockées dans des conditions optimales. Selon ces estimations théoriques, la germination du sorgho aurait par exemple pu n'être contrôlée que tous les 2 901 ans, contre 2 075 ans pour le haricot mungo.
Les observations réelles racontent une tout autre histoire. Les chercheurs ont identifié des lots dont la germination était déjà passée sous le seuil de 85 % après seulement 20 à 40 ans.
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Selon eux, espacer autant les contrôles serait donc risqué. D'autant qu'une graine capable de germer n'est pas nécessairement assurée de donner ensuite une plante adulte et fertile.
Ces résultats concernent directement l'AGG, mais aussi plus largement les banques de semences du monde entier, dont le célèbre Svalbard Global Seed Vault en Norvège. Préserver les graines est une première étape. Encore faut-il vérifier régulièrement qu'elles sont toujours réellement capables de ramener une plante à la vie.
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