Cycliste de 18 ans mort dans un délit de fuite | Le conducteur aurait été impliqué dans une poursuite policière au moment de l’accident

L’individu qui a percuté mortellement un cycliste de 18 ans aurait été impliqué dans une poursuite policière lors de l’impact, a appris La Presse. Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) a déclenché une enquête en parallèle à celle du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui tente toujours de retrouver l’automobiliste impliqué.
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Le drame s’est déroulé quelque temps après 12 h, lorsqu’un véhicule fantôme de la Sûreté du Québec (SQ), situé près du centre judiciaire Gouin, aurait aperçu un véhicule effectuer une manœuvre illégale. Le policier de la SQ aurait, dans l’espoir que l’automobiliste s’arrête, activé ses gyrophares.
Celui-ci aurait aussitôt pris la fuite, « à grande vitesse », selon le porte-parole du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), Jérémie Comtois. Une course-poursuite s’est engagée sur quelques centaines de mètres avant que le véhicule pourchassé ne happe mortellement un cycliste à l’intersection des rues Jeanne-Mance et Henri-Bourassa.
INFOGRAPHIE LA PRESSE
« Selon nos premières informations, le cycliste traversait l’intersection lorsque le conducteur du véhicule l’aurait percuté de plein fouet », a expliqué le porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal, Manuel Couture. « Malheureusement, le décès du cycliste [un homme de 18 ans] a été constaté sur les lieux. »
Au passage de La Presse, le corps du jeune cycliste et son vélo étaient encore sur place, à une bonne distance l’un de l’autre, laissant présager un fort impact.
Le suspect aurait abandonné sa voiture plus loin sur la rue Jeanne-Mance, avant de s’enfuir à pied, explique M. Couture. Son véhicule a été retrouvé. La police vérifie s’il avait été volé.
Deux enquêtes sont en cours. Le SPVM tente toujours activement de retrouver le suspect, tandis que le BEI a lancé une enquête indépendante pour tenter de comprendre le rôle de la SQ lors de l’intervention.
La collision est survenue sur un tronçon récent du Réseau express vélo (REV) du boulevard Henri-Bourassa, aménagé en 2024 et 2025. Son implantation était controversée, puisque plusieurs commerçants et résidants déploraient la perte d’espaces de stationnement occasionnée.
Une brigadière travaillant à proximité, qui a refusé de se nommer, affirme qu’il y a « souvent des altercations entre cyclistes et automobilistes » à cette intersection précise.
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE
Selon deux résidants habitant près des lieux du drame, les automobilistes ne respectent souvent pas la signalisation à cet endroit. La rue Jeanne-Mance traverse le boulevard Henri-Bourassa.
Une signalisation assez récente oblige les conducteurs à tourner à droite Henri-Bourassa : ils ne peuvent pas traverser le boulevard et continuer leur chemin sur la rue Jeanne-Mance. Mais bon nombre d’entre eux le font quand même, et à haute vitesse en plus, disent les résidants du coin. À l’inverse, aucun arrêt n’est obligatoire pour les cyclistes du REV qui traversent la rue Jeanne-Mance, selon nos observations.
Les décès assez rares sur les nouvelles pistes
« Le décès du jeune cycliste de 18 ans, à la suite d’une collision dans Ahuntsic-Cartierville, nous touche profondément. Nos pensées vont à sa famille et à ses proches dans cette épreuve », a indiqué le cabinet de Soraya Martinez Ferrada par écrit. « Nous suivons la situation de près et laisserons les autorités compétentes faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame. »
Le président-directeur général de Vélo Québec, Jean-François Rheault, dit être « dévasté » d’apprendre cette nouvelle. Les circonstances du drame sont « spéciales », comme il semble y avoir plusieurs infractions routières de la part du conducteur, souligne-t-il.
Sur les pistes cyclables nouvellement aménagées, les décès ne sont « vraiment pas fréquents ». « Je n’ai pas souvenir d’une collision mortelle sur le REV ou même sur une piste cyclable conçue dans les 10-15 dernières années », soutient-il.
Croisée près du périmètre de sécurité, Sofia Hargasler, une étudiante du collège Bois-de-Boulogne s’inquiétait pour ses confrères. « Voir le vélo comme ça, avec des morceaux éparpillés dans la rue, ça montre qu’il y a eu un énorme impact. La vie peut s’envoler si rapidement », a-t-elle dit.
« Ce décès n’aurait jamais dû arriver. Pourtant, il nous montre que la place des plus vulnérables est encore précaire dans nos rues. La Ville et nos élus doivent se faire à l’idée que si nous nous empêtrons dans des débats éternels sur la place du vélo dans notre ville, les décès vont continuer », a fait valoir le porte-parole de l’organisme Masse critique Montréal, Raúl Garate.
Son collectif tiendra d’ailleurs vendredi soir un « die-in », un type de manifestation où les participants s’allongent au sol pour simuler la mort. Le tout se tiendra au coin de Jeanne-Mance et d’Henri-Bourassa, où est survenue la collision.
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