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Monday, November 2, 2026

COP31 : quelle place pour les lobbyistes du secteur des énergies fossiles lors des COP ?

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À la COP, la présence de lobbyistes ne passe pas inaperçue : "Il y avait des milliers de lobbyistes sur les trois dernières COP", détaille Pascoe Sabido, chercheur et militant au sein de l’ONG "Corporate Europe Observatory". "Or, un lobbyiste, son intérêt commercial, c’est de continuer l’utilisation d’énergies fossiles".

Pour beaucoup d’acteurs de terrain, il est en effet difficile de savoir quel est le réel but de ces lobbyistes ; participer aux échanges sur le changement climatique ou ralentir tout simplement les négociations et discussions en cours, par pur intérêt financier ? "Il est vrai qu’on ne sait pas très bien ce qu’il se passe à la COP ni ce que disent ces lobbyistes", témoigne Nadia Cornejo, porte-parole de Greenpeace. "Au fil des COP, on se rend compte qu’il y a quand même un problème. Il va peut-être falloir se rejoindre avec des groupes qui ont réellement envie d’avancer".

Les représentants des secteurs des énergies fossiles n’ont pas leur place aux discussions mondiales sur le climat

Pascoe Sabido, chercheur et militant au sein de l’ONG "Corporate Europe Observatory"

Aujourd’hui, les voix des organisations se font d’ailleurs de plus en plus entendre, pour interdire l’accès aux lobbyistes lors de la prochaine Conférence pour le Climat, qui se tiendra du 9 au 20 novembre à Antalya, en Turquie.

Depuis la COP 28, où 132 lobbyistes étaient présents, le nombre ne cesse de diminuer, passant à 116 pour la COP 29 à 84 pour la COP30. "Mais maintenant, c’est le moment pour que ce nombre soit amené à zéro", milite Pascoe Sabido. "Les représentants des secteurs des énergies fossiles n’ont pas leur place aux discussions mondiales sur le climat et encore moins au sein des délégations européennes. Nous avons besoin que l’Union européenne (UE) et les États membres fassent un exemple en installant un cordon sanitaire, en utilisant l’argument de l’intérêt public".

À l’origine des Conférences pour le Climat, la volonté était de pouvoir écouter tout le monde, toutes les parties prenantes, y compris ceux qui n’ont pas forcément d’intérêt à une politique climatique mondiale.

La Belgique, comme chaque État membre, a donc la possibilité d’intégrer des personnes à la délégation officielle, via le "party overflow". Depuis trois ans, dans un souci de transparence, cette liste publiée par l’ONU est désormais publique. Avec 47 membres, la Belgique compte ainsi le plus de représentants du secteur des énergies fossiles en Europe, après la France (48) et l’Italie (55).

Pourtant, la participation à la délégation belge n’est ni automatique ni inconditionnelle. Chaque membre doit justifier sa présence : "L’accréditation des représentants d’entreprises au sein de la délégation belge répond à une procédure encadrée", indique le cabinet de Jean-Luc Crucke, ministre fédéral de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale. "Chaque candidat doit justifier sa présence, préciser les activités qu’il entend mener durant la COP et signer un code de conduite, l’engageant à respecter les objectifs de l’Accord de Paris".

Le dispositif des Nations Unies permet également, selon les circonstances, de suspendre ou de retirer l’accès à la COP

Cabinet de Jean-Luc Crucke, ministre fédéral de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale

La participation des entreprises est donc conditionnée au respect des objectifs climatiques internationaux. En cas de manquement documenté, "le chef de la délégation peut prendre les mesures prévues par le code de conduite. Le dispositif des Nations Unies permet également, selon les circonstances, de suspendre ou de retirer l’accès à la COP", précise le cabinet. L’ONG "Corporate Europe Observatory" regrette cependant ne pas avoir accès à ce code de conduite : "Il faut être transparent et le publier", réclame Pascoe Sabido.

"On peut tout de même se poser la question de la présence d’une organisation comme Total à la COP. Sont-ils réellement engagés dans la transition ou sont-ils là pour ralentir les discussions ?", s’interroge Nadio Cornejo. "Il y a aussi beaucoup de chantage", abonde Pascoe Sabido. "Une organisation mondiale, comme Total ou d’autres, embauche énormément de travailleurs dans différents pays. Ils y investissent également de l’argent. En échange d’une entrée à la COP, Total promet de ne pas interrompre les investissements dans le pays. Ce chantage fonctionne très bien car le gouvernement veut éviter à tout prix de perdre de l’emploi et de l’investissement".

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