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Thursday, September 17, 2026

Israël: une loi pour déchoir les réalisateurs du documentaire choc «Naza» de la nationalité israélienne

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La polémique autour du documentaire Naza continue en Israël. Le film réalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor, consacré aux morts de civils à Gaza, a reçu le Prix spécial du jury à la Mostra de Venise, samedi 12 septembre. À partir de témoignages anonymes, ce dernier affirme que les morts de civils à Gaza auraient été intégrées à certains processus de ciblage militaire, avec notamment le recours à des systèmes informatiques. Le Premier ministre israélien a annoncé mercredi 16 septembre deux projets de loi visant les personnes qui, selon lui, diffament les soldats israéliens.

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Cette fois-ci, Benyamin Netanyahu s’est directement exprimé dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, rapporte notre correspondante à Ramallah, Manon Chapelain. Il annonce deux projets de loi. Le premier permettant de retirer la nationalité aux personnes qui diffament les soldats israéliens. Le second multipliant par vingt le montant des dommages et intérêts pouvant être réclamés.

Pour Benyamin Netanyahu, il s’agit de réparer les « dommages immenses » causés aux militaires israéliens. Le Premier ministre cite trois affaires pour justifier ces textes, mais c’est bien le documentaire Naza qui est au cœur de la polémique. Mercredi 16 septembre également, le ministre israélien de la Culture et des Sports a demandé au service de sécurité intérieure d’enquêter sur l’origine des informations utilisées dans le documentaire.

Le film de Yuval Abraham et Rachel Szor bouscule jusqu’à l’ensemble de la société israélienne. Dans la soirée de mercredi, des dizaines de militants de droite ont manifesté devant le domicile des parents de Rachel Szor, allant jusqu’à réclamer et scander : « La peine de mort pour les traîtres ». L’affaire alimente aussi le débat dans un climat politique tendu. À l’approche des élections israéliennes, le 27 octobre, Benyamin Netanyahu accuse ses rivaux de ne pas avoir adopté une position assez ferme contre le documentaire.

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Une pétition pour soutenir les réalisateurs Yuval Abraham et Rachel Szor

Une pétition circule en soutien aux réalisateurs du documentaire Naza. Pour le cinéaste israélien Shlomi Elkabetz qui a signé avec des centaines d'autres artistes la pétition, « l'état d'esprit général en Israël, c'est que personne ne veut poser de questions », explique-t-il au micro de Sophie Torlotin du service culture de RFI. « Le pire, c'est que même les journalistes ne veulent pas poser de questions. Alors quand quelqu'un arrive et pose les questions les plus essentielles et qu'il est immédiatement réduit au silence ou menacé par la société, les hommes politiques et même les journalistes, c'est insupportable, c'est horrible. »

Est-il possible que les 70 000 civils tués à Gaza, enfants, bébés, femmes, personnes âgées, sans d'ailleurs que les autorités israéliennes contestent ce chiffre, est-il vraiment possible que toutes ces personnes aient été tuées involontairement ? Vous me demandez pourquoi je prends position en faveur de ce film. Je défends la dernière possibilité d'interroger en Israël. C'est ce que j'essaye de faire.

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Shlomi Elkabetz, cinéaste israélien: «Je défends la dernière possibilité d'interroger en Israël»

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