Le PQ entend «s’attaquer à la bureaucratie» et revenir à l’équilibre budgétaire en 2029
Quelques heures avant le premier grand débat télévisé, le Parti québécois (PQ) a dévoilé mardi un cadre financier qui prévoit le retour à l’équilibre budgétaire pour 2028-2029. Il était la dernière formation politique d’importance à présenter sa feuille de route économique.
S’il est porté au pouvoir le soir du 5 octobre, le parti souverainiste fera de la réduction des dépenses liées à la bureaucratie sa priorité pour ramener les finances publiques au vert, soit un an plus tôt que ne l’exige la Loi sur l’équilibre budgétaire.
Sans préciser le nombre de postes qui pourraient être supprimés, le PQ entend économiser jusqu’à 6,6 milliards en réduisant la masse salariale de l’État de 2,5 %.
Selon Nicolas Marceau, candidat dans Marie-Victorin et porte-parole du parti sur les questions économiques, les économies réalisées pourraient même être plus importantes. « Sur la réduction de la bureaucratie, on a inscrit des sommes qui nous apparaissent très conservatrices. On pense qu’on est capable d’aller plus loin », a-t-il souligné lors de la présentation du document cadre.
Pour illustrer les économies qui pourraient être réalisées, M. Marceau a donné l’exemple de la reddition de comptes des municipalités. « Dans nos municipalités au Québec, il y aurait 4000 employés n’ayant pour seule fonction que de compléter des formulaires de reddition de compte auprès du gouvernement du Québec. Ça représente, d’après les estimés des municipalités, 325 millions par année », a-t-il expliqué. « Ce ne sont pas des services publics directs à la population. C’est de ça dont on parle quand on parle de s’attaquer à la bureaucratie. »
6,5 milliards de nouvelles dépenses
Le Parti québécois chiffre à 6,5 milliards de dollars les nouvelles dépenses du gouvernement au cours des prochaines années. Il prévoit notamment une enveloppe de cinq milliards afin de pallier tout imprévu, notamment dans le cadre de la guerre tarifaire avec les États-Unis.
Une baisse d’impôts de 20 % sera offerte aux PME ; elle sera financée par une réduction équivalente des subventions aux multinationales étrangères. Cette mesure permettra d’augmenter la croissance du PIB québécois de 0,25 % par an et rapportera 700 millions de dollars au trésor public, explique l’équipe économique du PQ. Le ratio de la dette devrait ainsi passer de 37,8 % du PIB à 35,5 % en 2033.
Afin d’offrir un remboursement sur l’essence aux Québécois gagnant moins de 40 000 $ par an, le Parti québécois coupera dans certains programmes du Fond d’électrification et de changements climatiques (FECC). Au total, ce sont 450 millions du FECC qui changeront d’affectation chaque année, soit 1,8 milliard au total.
Le PQ ne donne pas plus de détails sur les programmes qui seront touchés. On explique que l’essentiel de l’argent utilisé pour payer le programme Roulez vert, qui encourage l’acquisition de véhicules électriques, servira à payer le remboursement de la taxe sur l’essence.
« Il y a énormément d’argent qui a été ajouté dans le FECC ces dernières années par le gouvernement de la Coalition avenir Québec. Avec nos dépenses, il va rester presque un milliard. On va être capable de faire quelque chose avec ça », a fait valoir Nicolas Marceau, précisant que la « Passe mobilité » promise par son parti sera financée par le FECC.
Attaques contre la CAQ, critiques de QS
Parmi les mesures déjà dévoilées lors de la campagne électorale figure la réduction progressive du Fonds de développement économique, un retrait de 635 millions en 2026-2027 qui passera à 2,54 milliards en 2030-2031. Il s’agit d’une « abolition progressive » qui ne se fera pas sur un mandat. « Cette réduction atteint 2,5 milliards dans le cadre financier qu’on vient de présenter. Il faut voir que les subventions aux entreprises sous Mme Fréchette et M. Legault sont passées de 4,8 à 9,5 milliards », a précisé M. Marceau.
Ce dernier en a profité pour écorcher au passage le bilan du gouvernement caquiste, un « vent ouvert de subventions à des multinationales étrangères ».
À l’heure où les partis se préparaient au premier grand débat télévisé, seul Québec solidaire a réagi par la voix de Gabriel Laurence-Brook, candidat solidaire dans Jacques-Cartier. Il a évoqué un cadre financier « très semblable à celui de la CAQ et des libéraux », et qui promet aux Québécoises et aux Québécois « une cure d’austérité pire que celle de Philippe Couillard ».
« Il gruge les réserves pour financer ses promesses alors que nous subissons les attaques tarifaires des États-Unis », a déploré le candidat solidaire. « Comme les partis fédéralistes, le Parti québécois se fonde sur des transferts fédéraux non confirmés pour financer ses promesses, et ce, jusqu’en 2030-2031. »
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