Standard-Charleroi à huis clos : "Punir 24.000 personnes pour les agissements de quelques-uns n’est pas une solution"

Il y a quelques jours, le manager général du Standard Pierre François et l’administrateur délégué du Sporting Mehdi Bayat ont critiqué le bien-fondé de ce huis clos auprès de nos confrères de Sudinfo. "Vous avez une partie du stade qui n’a rien fait et qui est sanctionnée", déplorait notamment le dirigeant liégeois.
Un avis partagé par son homologue carolo Pierre-Yves Hendrickx, interrogé par notre collègue RTBF Pierre Capart. "Punir les supporters qui ont été identifiés comme responsables des incidents est une chose normale, et même obligatoire. Le Sporting l’a fait, tout comme la police. En revanche, punir 24.000 personnes pour les agissements de quelques-uns n’est pas une solution que le club de Charleroi préconise ou accepte. C’est d’autant plus problématique lorsqu’une sanction intervient pour un match qui n’a rien à voir avec les incidents concernés (le match à Charleroi sera aussi à huis clos, ndlr). En plus, il s’agit d’un match à domicile alors que les incidents ont eu lieu lors d’un déplacement. Il y a donc beaucoup d’incohérences dans le type de décision qui a été pris. Nous avons fait tous les recours possibles pour expliquer notre position. À part avoir obtenu des sursis, la situation n’a malheureusement pas été entendue. C’est donc un véritable dialogue de sourds entre la fédération et les clubs sur la manière de traiter et de gérer les situations difficiles."
Hendrickx s’attend donc à ce que les supporters carolos suivent la rencontre "ensemble dans leurs locaux, comme ils le font très souvent". Quant à l’équipe, "le déplacement en lui-même n’est pas compliqué ou impacté par le huis clos. Ce qui sera vraiment impactant, c’est le climat et l’ambiance dans le stade. Il faudra s’adapter à ce moment-là. Nous avons malheureusement déjà connu cette situation pendant le Covid. Mais ce ne sont plus les mêmes joueurs aujourd’hui. C’est donc un contexte différent, notamment en termes de concentration et d’impact. Il n’y aura pas cette surdose d’adrénaline liée à un stade plein. C’est donc au staff et aux joueurs de trouver les ressources mentales pour se surpasser malgré tout et être au meilleur niveau lors de ce match. Le huis clos ne change rien pour les joueurs sinon."
Les abords de Sclessin devraient être particulièrement calmes ce dimanche. D’autant que le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, a interdit les rassemblements de plus de 3 personnes sur tout le territoire de la ville de Liège à la suite des incidents graves qui ont éclaté ce mercredi dans le centre-ville. La mesure est en vigueur jusqu’au 16 octobre, sauf abrogation anticipée ou prolongation.
Christian Hanon, responsable sécurité du RSCL, se dit "attentif mais serein" après ces incidents notamment liés à des casseurs. "C’est clair que, de prime abord, ce sera un match beaucoup plus facile à organiser en termes de sécurité qu’un Standard-Charleroi classique. Il y aura un dispositif minimum pour sécuriser le stade, mais les grilles seront fermées. À mon niveau, ce sera donc beaucoup plus facile à gérer. Des mesures de sécurité seront malgré tout prises, mais elles ne seront évidemment pas les mêmes que si le match s’était déroulé devant des supporters. Il n’y aura pas d’encadrement des supporters à prévoir. Il s’agira uniquement de sécuriser le stade et d’assurer une certaine présence au niveau des entrées afin de garantir que le huis clos soit bien respecté. Aucun dispositif particulier n’est prévu puisqu’on n’attend aucun supporter dans le stade."
Avec une exception notable pour l’interdiction de rassemblement puisque les supporters liégeois devraient bien être autorisés à se regrouper devant l’Académie pour saluer les joueurs à leur départ vers le stade. "D’après les informations que j’ai reçues, oui, explique Christian Hanon. Il s’agit d’une manifestation qui avait été programmée avant la décision des autorités. Il y a donc une certaine mansuétude par rapport à cette demande, qui avait été introduite avant l’entrée en vigueur de la décision."
Une grosse perte pour tout le bassin économique autour du stade
À l’intérieur du stade, "seules les personnes autorisées pourront être présentes : les délégations des deux clubs, les deux équipes, la presse, la télévision et le scouting, liste le stadium manager du Standard Sacha Feytongs. Nous aurons également des stewards, puisqu’on nous impose d’en avoir au bord du terrain. Au total, nous aurons plus ou moins 300 personnes dans le stade, grand maximum. On sera un peu dans la configuration des matchs disputés pendant la période du Covid, où nous n’avions pas cette ambiance qui anime habituellement le chaudron. Malheureusement, pour ce derby, nous n’aurons donc pas cette ambiance et ce stade animé comme lors des autres rencontres."
L’absence de supporters est bien entendu un coup dur financier pour le club, ses partenaires et les commerces entourant Sclessin. "Il y a une perte de recettes, aussi bien au niveau des personnes présentes autour du stade que pour celles qui sont habituellement dans le stade, confirme Sacha Feytongs. Cela concerne également nos prestataires, que ce soit au niveau du business ou du B2C (commerce entre entreprises et particuliers, ndlr). Eux aussi vont perdre de l’argent. Je pense que la perte est estimée entre 300.000 et 400.000 euros, voire 500.000 euros. Et puis, en cas de victoire, on sait que les gens peuvent également davantage consommer après le match. C’est donc une grosse perte pour tout le bassin économique autour du stade."
Le derby wallon sera à suivre en direct audio et commenté sur les antennes de la RTBF ce dimanche. Le coup d’envoi sera donné à 13h30.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.