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Friday, October 9, 2026

Marché noir de la cigarette: l'impact économique de la hausse du prix du tabac

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En France, le paquet de cigarettes coûte désormais autour de 13 euros. Un prix élevé qui rend le marché noir particulièrement attractif pour les réseaux criminels. La production clandestine se professionnalise, tandis que le trafic de cigarettes représente un manque à gagner fiscal pour les États européens.

Ce n’est pas le marché de la tech ou des cryptomonnaies qui connaît une forte expansion, mais celui des fausses cigarettes. En Europe, le trafic de tabac est devenu une activité particulièrement lucrative pour les réseaux criminels, parfois considérée comme plus rentable et moins risquée que certains trafics de stupéfiants. Ce marché clandestin réunit plusieurs caractéristiques favorables aux trafiquants. La demande existe, les cigarettes sont relativement faciles à transporter et à stocker, et elles peuvent être revendues rapidement. Surtout, l’écart de prix entre le marché légal et le marché parallèle est considérable. Certaines cigarettes contrefaites, fabriquées clandestinement, coûteraient moins de 80 centimes à produire, avant d’être revendues entre 4 et 5 euros. Cette différence de prix rend le trafic particulièrement attractif et offre aux réseaux criminels des perspectives de gains importantes.

Le trafic de cigarettes se professionnalise et s’industrialise

La vente de cigarettes provenant d’autres pays ou de produits contrefaits n’est pas nouvelle. Mais le phénomène évolue. Les filières se professionnalisent et s’organisent en plusieurs niveaux. Certains groupes se chargent de faire entrer les cigarettes sur le territoire, d’autres de les stocker, tandis que d’autres encore assurent leur distribution. Ces méthodes rappellent celles utilisées dans le trafic de stupéfiants. Mais certains réseaux ne se contentent plus d’importer des cigarettes fabriquées ailleurs. Ils les produisent désormais directement sur place.

Des usines clandestines peuvent ainsi fonctionner à une échelle quasi industrielle, avec des machines comparables à celles des grands fabricants de tabac, des ouvriers, des circuits logistiques et des grossistes. Certaines seraient capables de produire jusqu’à six millions de cigarettes par jour. En Belgique, les douanes ont démantelé douze usines clandestines en 2024, un record. Ce chiffre illustre l’ampleur prise par la production illégale en Europe et la capacité des réseaux à structurer leur activité.

Hausse du prix du tabac : un manque à gagner pour les États

La hausse du prix des cigarettes contribue à rendre le marché clandestin plus attractif. Lorsque le paquet légal atteint 12 ou 13 euros, voire davantage dans certains pays européens, l’écart avec les cigarettes vendues illégalement peut inciter certains fumeurs à changer de circuit d’approvisionnement. Plus le produit légal est cher, plus la marge potentielle des trafiquants augmente. Cette activité entraîne également un manque à gagner pour les finances publiques. Sur un paquet vendu légalement, une part importante du prix correspond aux taxes. Lorsqu’une cigarette est vendue clandestinement, l’État ne perçoit ni les droits de taxation correspondants ni les recettes associées. Selon une étude de KPMG commandée par le cigarettier Philip Morris, les pertes fiscales pour les pays de l’Union européenne liées au commerce de cigarettes illicites s’élevaient à un peu moins de 17 milliards d’euros l’année dernière. Les revenus générés par ce trafic peuvent ensuite être blanchis et réinjectés dans l’économie légale.

C’est tout le paradoxe de la politique de taxation du tabac : la hausse des prix constitue d’abord un outil de santé publique destiné à faire reculer le tabagisme. Mais elle accroît aussi la valeur économique du marché clandestin pour les réseaux capables de l’exploiter. Pour les pouvoirs publics, l’enjeu est donc de réduire la consommation de cigarettes sans favoriser l’expansion de la contrebande et des circuits illégaux.

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