Équiterre réclame un moratoire sur les centres de données au Québec
Équiterre demande au gouvernement du Québec d’instaurer un moratoire sur le développement des centres de données, le temps d’établir un cadre réglementaire clair pour encadrer ces infrastructures énergivores.
« Les centres de données représentent une demande énergétique sans précédent ici au Québec et, d’après Équiterre et d’après, je pense, beaucoup de Québécois et Québécoises, là on avance trop vite sans avoir un cadre réglementaire, sans avoir eu une discussion de fond », a déclaré Daniel Rotman, directeur général d’Équiterre en entrevue avec Le Devoir. « La souveraineté énergétique, c’est un atout pour tous les Québécois et Québécoises et on devrait prendre le temps de discuter de nos choix énergétiques ici au Québec. »
L’organisme a lancé mardi une pétition citoyenne pour réclamer ce moratoire. Cette initiative survient dix jours après que la Cour supérieure a invalidé deux décrets par lesquels le gouvernement du Québec tentait d’imposer à la Régie de l’énergie des hausses de tarifs d’électricité pour les centres de données et les entreprises de cryptomonnaies.
M. Rotman craint que les Québécois finissent par payer la facture, surtout dans un contexte où la consommation des centres de données en électricité risque d’exploser dans les prochaines années. Le directeur général d’Équiterre estime ainsi qu’il y a « urgence » d’agir et que la population devrait être consultée sur le développement des projets de centres de données.
Des « siphonneurs de ressources »
Selon le collectif Numérique responsable et soutenable et le centre de recherche et de développement COLab, le Québec compte actuellement 71 centres de données actifs, tandis que 17 autres sites sont en projet ou en construction.
Même si Québec a accordé très peu de puissance aux centres de données depuis 2023, les demandes à l’étude totalisent 2500 mégawatts (MW). Une quantité qui représente « deux fois la consommation de tous les ménages de Montréal », souligne Équiterre dans un communiqué de presse publié mardi.
« Est-ce qu’on est prêt à mettre notre énergie, qui est, oui, renouvelable, mais limitée par nos ressources énergétiques, dans des projets de telle mesure? », s’interroge M. Rotman.
L’organisme environnemental pointe également la « surconsommation massive » d’eau associée aux centres de données, ainsi que leur implantation sur des terres cultivables. « On perd [déjà] des terres agricoles tous les ans, on ne veut pas aller trop vite et en perdre trop sans avoir une réflexion soutenue », affirme Daniel Rotman.
Les demandes d’Équiterre ne se limitent pas aux infrastructures physiques. L’organisme souhaite également que le gouvernement encadre le développement de l’intelligence artificielle (IA) et impose « des balises » aux géants de la technologie. Le développement des infrastructures et celui des technologies doivent être réfléchis de façon conjointe, soutient Équiterre. « En l’absence d’un encadrement adéquat sur le produit final [l’IA], il nous faut un moratoire sur le développement des infrastructures physiques. »
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.