Législatives en Suède: l'extrême droite espère se faire une place dans le prochain gouvernement

Avant les législatives de dimanche 13 septembre 2026 en Suède, les derniers sondages donnent la gauche et la droite au coude à coude. Le scrutin qui s'annonce serré pourrait se solder par une entrée de ministres de l'extrême droite dans le gouvernement, en cas de victoire de la droite et de reconduction du Premier ministre sortant, Ulf Kristersson. Les Démocrates de Suède, longtemps tenus à distance par les autres partis, espèrent passer du rôle de soutien à celui de partenaire à part entière du prochain gouvernement.
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Avec notre correspondante à Stockholm, Ottilia Ferey
Sur la place centrale de Stockholm, les stands de campagne sont alignés sur le trottoir. Finn, 70 ans, arrivé du Danemark il y a 45 ans, lit un dépliant distribué par les Démocrates de Suède (SD) devant leur cabane : « Ça fait 45 ans qu’en Suède, on pratique la politique des portes ouvertes. On a dilapidé l’argent de nos impôts avec l’immigration de masse. Pour obtenir la nationalité, il faut l’avoir méritée. Le gouvernement actuel doit pouvoir continuer. Ils ont enfin commencé à s’attaquer au problème. »
Fondés en 1988 dans les milieux liés aux mouvances néonazies, les Démocrates de Suède sont aujourd’hui devenus incontournables. En quatre ans, ils ont su imposer leurs idées sur l’immigration et la criminalité. Crédités d’environ 20% des voix, ils veulent désormais entrer au gouvernement.
Ils peuvent compter sur la voix d'Erik, 26 ans : « L’immigration dure depuis trop longtemps. Elle a eu énormément de conséquences négatives. Nous avons entre 110 000 et 180 000 immigrés en situation irrégulière dans le pays. Et environ 510 000 personnes qui vivent en permanence des allocations. Nous avons 60 000 criminels liés aux gangs. À quoi ça sert d’avoir un pays, si au fond on ne peut même pas avoir son propre pays ? La Suède est aux Suédois. »
Le parti est désormais devenu indispensable à la formation d’une majorité de droite. En cas de victoire, la droite traditionnelle leur a déjà promis des postes ministériels.
L'ancien Premier ministre défunt Olof Palme, candidat grâce à l'IA
Dans la campagne pour les législatives du 13 septembre, l’ancien Premier ministre social-démocrate Olof Palme, mort il y a 40 ans, a été ressuscité à l'aide de l'intelligence artificielle (IA). À Malmö, l’artiste Emma Bexell a créé un nouveau parti politique, dont le chef est une version générée par IA de l’ancien Premier ministre. Une IA capable de répondre aux électeurs, de défendre des positions politiques et même de faire campagne.
« Quand les hommes et les femmes politiques encore en vie manquent de courage et de vision, alors il faut faire revenir les morts pour vous secouer un peu », a déclaré Olof Palme, grâce à l'IA.
« L’idée, c’est de sensibiliser les gens au fait que l’intelligence artificielle n’est pas neutre : elle peut aussi véhiculer une certaine idéologie, explique Emma Bexell à notre correspondante Ottilia Ferey. Notre Premier ministre, Ulf Kristersson, a dit qu’il utilisait ChatGPT comme une sorte de deuxième avis. Alors je pense qu’il faut aussi se demander qui se trouve derrière ChatGPT, et quelle idéologie peut se cacher derrière cette technologie. Ce qui m’intéressait, c’était de voir comment on pouvait créer une forme de contrepoids, sous la forme d’une IA socialiste. C’est un enjeu très sérieux auquel nous sommes confrontés. Mais c’est aussi, d’une certaine manière, une façon ludique de détourner les codes de la politique et de la démocratie. Et c’est aussi une critique de l’actuelle social-démocratie. »
« La social-démocratie d’aujourd’hui n’est plus que l’ombre de ce qu’a été le mouvement autrefois. S’incliner devant l’Otan et durcir la politique migratoire, ce n’est pas de la social-démocratie, c’est une capitulation », dit encore Olof Palme.
« Légalement j’ai le droit de faire cette IA, mais moralement est-ce que j’en ai le droit ? », questionne Emma Bexell. C’est toute la question que pose Emma avec ce parti prêt à siéger au Parlement après les élections. En attendant, ils sont de plus en plus nombreux à parler au défunt Olof Palme en ligne.
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L'ancien Premier ministre défunt Olof Palme, candidat grâce à l'IA
Ottilia Ferey
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