The Daily Newsstand · Free, Always
Tuesday, September 22, 2026

Imaginez 12 kilos de plastique dans votre corps : c’est ce qu’a subi cet oiseau, et ça s’est passé dans un « paradis caché »

Translate

L'île Lord Howe est présentée comme « le paradis caché de l'Australie ». Une merveille naturelle préservée du tourisme de masse. Seules quelques centaines de visiteurs y sont accueillis en même temps.

Des paysages spectaculaires, une eau cristalline, des bancs de poissons multicolores. C'est ce qu'en disent les guides. Mais les scientifiques de l'Adrift Lab (Australie, Royaume-Uni) racontent une tout autre histoire.

A 16-year study of sable shearwaters on Australia’s Lord Howe Island has found a worrying trend.

More and more plastic is ending up in the birds’ stomachs.

Last year, one bird was found with a record-breaking 900 pieces in its stomach. pic.twitter.com/NrU00tY1on

— Natural History Museum (@NHM_London) September 15, 2026

Entre carte postale et cauchemar écologique

Depuis 15 ans, ils lavent l'estomac de jeunes puffins à pieds pâles (Ardenna carneipes) et mesurent la quantité de plastique qu'ils y trouvent.

Quasiment tous les oiseaux du pôle nord et du pôle sud ont du plastique dans leurs estomacs. © Wararat, Adobe Stock

90 % des oiseaux des régions arctiques et antarctiques ont du plastique dans l’estomac !

L'invasion des microplastiques se répand partout et aucune région du monde n'est désormais épargnée, ni même, aucun être vivant ! Une nouvelle étude parue dans Frontiers in Marine Science montre que la quasi-totalité des oiseaux de ces zones reculées ont l'estomac rempli de plastique.... Lire la suite

En 2011, les scientifiques avaient trouvé 276 morceaux de plastique dans l'estomac de l'un d'entre eux. « Nous pensions alors qu'il s'agissait du pire scénario possible, car un oisillon de cette taille ne pouvait survivre en en ingérant davantage », raconte dans un communiqué Alex Bond, conservateur principal de la collection d'oiseaux au Muséum d'histoire naturelle (Royaume-Uni).

Derrière cette image paisible d’un puffin à pieds pâles (Ardenna carneipes) se cache l’un des suivis les plus révélateurs de la pollution plastique des océans. © Marc, Adobe Stock

Le record que les chercheurs croyaient imbattable

Mais en 2023, l'équipe de l'Adrift Lab a extrait 400 morceaux de plastique de l'estomac d'un jeune puffin. Depuis, le record est battu chaque année jusqu'à atteindre désormais... 894 morceaux de plastique pesant un total de 64,2 grammes ! Cela représente plus de 15 % du poids attendu d'un puffin. Comme si un humain de 80 kilos était lesté de 12 kilos de plastique.

Un assemblage des morceaux de plastique extraits d’un puffin mort. © Justin Gilligan, The Trustees of the Natural History Museum

894 morceaux dans un seul oiseau

Au-delà du chiffre, reflet de la quantité croissante de déchets déversés dans les océans du globe, les chercheurs attirent aujourd'hui dans la revue Earth’s Future l'attention sur une particularité de leur travail : des relevés réalisés sur une longue durée. De quoi éviter le piège du faux sentiment de sécurité ou de la fausse alerte dans lequel peuvent faire tomber des études de plus courte durée.

Des chercheurs de l’université de Tohoku (Japon) ont suivi un oiseau de mer pris dans un violent typhon. Image générée à l'aide d'une IA. © senadesign, Adobe Stock

L’incroyable voyage d’un oiseau au cœur d’un typhon déchaîné

Un tour sur un grand huit naturel. Cet oiseau a vécu une expérience incroyable après avoir été pris dans un typhon ! Des scientifiques ont reconstitué son aventure périlleuse dans l'œil du cyclone.... Lire la suite

« La crise du plastique ne fait qu'empirer, mais nous sommes loin d'agir assez vite pour y remédier », déplore Alex Bond. Des négociations en vue d'un traité mondial sur le plastique sont toujours en cours. Cependant, même si un accord ambitieux était conclu demain, le volume de déchets dans les océans continuerait d'augmenter jusqu'en 2050.

À Lord Howe, les puffins rendent visible cette inertie à leur manière...

View the original on Futura Sciences

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.