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Monday, October 19, 2026

La revue de presse : en France, les revendications noyées par les violences

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Le chaos en France ce week-end est en Une de toute la presse. "Le cri de la rue confisqué par la violence", titre Le Soir. Ce qui avait commencé comme des manifestations pacifiques à travers tout le pays, contre les failles du système éducatif et le coût de la vie, a rapidement viré au chaos.

Les appels à manifester ont été pollués par la violence des casseurs et par une colère contre Emmanuel Macron immesurée, et immesurable. Une convergence, souligne l’édito du Soir. Non pas des luttes, mais des agents du désordre. Comme l’écrit l’éditorialiste de La Libre, les revendications des lycéens et des syndicats n’ont, en effet, pas pesé grand-chose, étouffées par les appels à la révolution.

Dans les rues, dimanche matin, les passants étaient sous le choc, écrit le journal Le Soir. Sous le choc des casseurs, qui ont volé aux manifestants leur droit de s’exprimer en échange de quelques consoles de jeux vidéo ou de sacs Hermès. Des centaines de magasins ayant été pillés dans tout le pays. Les Français sont sous le choc, mais s’accordent aussi à dire que le président est en partie responsable de la situation. C’est également ce que souligne l’éditorialiste du Soir.

Un gouvernement français impuissant

Le gouvernement français semble incapable de mettre fin à cette spirale de violences. C’est ce qui ressort de la presse ce lundi matin. Dans son allocution dimanche soir, Emmanuel Macron a condamné les violences, promis des représailles contre les casseurs et pointé une instrumentalisation du mouvement par l’extrême gauche.

En Une de plusieurs journaux ce lundi matin : l’hôtel de ville de Limoges incendié ou encore l’office du tourisme de Lyon en feu. Ces pillages et incendies d’institutions publiques sont inquiétants, selon De Morgen, car ils montrent que le gouvernement français n’a plus de prise sur ces violences.

Les policiers sont intervenus, souligne La Libre, mais avec très peu de succès. Alors qu’on s’attendait à une journée à haut risque, la France n’est pas parvenue à maintenir l’ordre. Une situation qui pose question un peu partout dans la presse.

La presse étrangère s’étonne également de l’absence de mesures concrètes après les événements du week-end.

Incendie boulevard Haussmann à Paris lors des violences après la manifestation contre la "vie chère", le 17 octobre 2026 © Guillaume Saligot

La presse internationale sidérée

Dimanche soir, le président n’a apporté aucune réponse concrète à ces manifestations, ni aux violences qui en ont découlé. C’est ce que pointe le journal suisse Le Temps. Emmanuel Macron a annoncé que les préfets pourraient interdire certains rassemblements ou mettre en place des couvre-feux. Des rencontres avec les partis politiques et les syndicats étaient également prévues. Mais c’est tout.

C’est aussi l’analyse du New York Times. Le quotidien espagnol El País souligne, lui, qu’Emmanuel Macron n’a pas eu un seul mot pour les étudiants mutilés par des engins explosifs utilisés par la police. Selon un autre quotidien catalan, les manifestations qui se sont poursuivies dimanche, dans une moindre mesure, démontrent que le mouvement ne montre aucun signe de déclin.

Le syndrome du déclin, c’est plutôt le pays qui en souffre, souligne cette fois Le Soir. La France s’appauvrit et s’enfonce dans la crise financière. La gauche radicale et l’extrême droite se livrent un duel qui polarise le pays, avec, à six mois de la présidentielle, l’ombre d’une arrivée au pouvoir de l’extrême droite.

Et celle du chaos, conclut le quotidien.

La piste de l’ingérence étrangère

Dans son discours, Emmanuel Macron a pointé l’extrême gauche. Mais pour De Morgen, c’est trop simple. Attribuer les violences et les débordements à La France insoumise constitue une réponse facile à un problème bien plus vaste.

Le quotidien flamand met une autre piste sur la table : celle de l’ingérence étrangère. La France est dans le collimateur des Russes et, plus récemment, des Américains, qui la considéreraient comme une proie facile pour déstabiliser l’Union européenne de l’intérieur, écrit l’éditorialiste.

Cette hypothèse est plausible, expliquent des experts dans le journal : cela s’était déjà vu pendant la crise des Gilets jaunes. Sur les réseaux sociaux, des Russes et des partisans de Donald Trump avaient amplifié les violences et propagé de la désinformation.

Mais, comme l’écrit De Morgen, la question n’est finalement pas de savoir qui se cache derrière les masques, mais plutôt : à qui profite le crime ?

La réponse tient en trois mots : Marine Le Pen.

Face à la violence, de plus en plus de Français réclament le maintien de l’ordre. Une évolution qui profite au récit porté par l’extrême droite, selon le quotidien flamand.

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