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Wednesday, September 16, 2026

Le microstop : quand l’auto-stop devient un transport de proximité

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Sur le bord d’une route passante de la campagne lilloise, à côté d’un arrêt de bus, un panneau attire l’œil : une main blanche sur fond bleu. C’est un arrêt Microstop, un point de rencontre entre autos-stoppeurs et conducteurs.

Frédéric Sarkis, fondateur de l’association Microstop qui vise à développer cette pratique explique "le principe est simple : les usagers indiquent leur direction via un totem, puis lèvent le pouce pour signaler qu’ils cherchent une voiture". Un dispositif découvert par Alexandre, qui l’utilise depuis plusieurs mois pour parcourir les derniers kilomètres qui le séparent de son travail " J’ai découvert le concept parce que j’ai vu les poteaux, ça m’a intrigué, j’ai vu que ça marchait. Ceux qui n’ont pas le permis, quand c’est galère pour les bus, ça aide beaucoup ". Il poursuit " Généralement, en 10 minutes, j’ai un conducteur qui s’arrête et ensuite le trajet c’est assez court, ça dure 2-3 minutes ".

Né dans la Métropole Européenne de Lille en 2023 sous l’impulsion de Frédéric Sarkis, fondateur de l’association Microstop, le dispositif reprend les codes de l’auto-stop tout en cherchant à l’intégrer aux réseaux de mobilité existants " C’est comme des lignes de bus, mais avec de l’auto-stop. Ce qui remplace les bus, ce sont les voitures qui passent. On a des totems avec des rouleaux qu’on tourne avec toutes les directions possibles. Donc on met sa direction, on lève le pouce et miracle, il y a une personne sur 20 qui s’arrête en moyenne, ce qui fait que c’est trois minutes d’attente aux heures de pointe et jusqu’à dix minutes en heure creuse ".

Utiliser les voitures qui circulent déjà

Le concept repose sur un constat simple : une grande partie des voitures, un véhicule sur huit en France comme en Belgique, circulent avec un seul occupant. L’idée est donc de profiter de trajets qui existent déjà pour permettre à d’autres personnes de se déplacer, notamment dans les zones où les transports en commun sont peu fréquents. " Le premier objectif, diviser nos consommations carbone, donc de remplir les voitures qui sont aujourd’hui à une personne par voiture. Et les gens qui passent le dispositif, eux, leur motivation, c’est le prix de l’essence, ce sont les embouteillages. Et aussi, on est dans des zones où le bus, c’est une fois toutes les deux heures. Et donc, ils ont besoin de transports en commun, ils n’ont pas de solution, le microstop en est une Frédéric Sarkis.

Aujourd’hui, plusieurs communes de la métropole sont équipées d’au moins un arrêt, tandis que d’autres souhaitent à leur tour intégrer le dispositif. Pour Florence Osselin, élue à la mairie de Sainghin-en-Mélantois, l’un des intérêts du microstop est justement de ne pas reposer sur une application ou un outil numérique. Le système reste accessible à ceux qui ne disposent pas d’un smartphone ou qui ne sont pas familiers avec les services numériques " Ça doit s’adresser à tous et donc ça ne doit pas être numérique. Donc on ne doit pas imposer aux personnes d’avoir un téléphone portable ou de s’enregistrer sur un système au préalable pour réserver un créneau, avoir rendez-vous avec quelqu’un. Rien de tout cela. Ça fonctionne juste comme du stop, si ce n’est que le stop est sécurisé, parce que les voitures ont un endroit sécurisé pour s’arrêter, le dispositif est connu, il a été mis en place par la MEL et par la commune, et donc les personnes de tous âges, y compris les personnes d’un certain âge, peuvent l’utiliser sans crainte ".

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