The Daily Newsstand · Free, Always
Thursday, October 8, 2026

France : mobilisation des lycéens, le gouvernement promet des professeurs remplaçants

Translate

Le ministre français de l'Éducation Edouard Geffray a annoncé jeudi l'arrivée imminente de 3000 professeurs remplaçants dans plus de 500 lycées où la situation est la plus critique, après une nouvelle mobilisation des lycéens sur fond de violences urbaines en marge des rassemblements.

Dans les heures et les jours qui viennent, 3000 professeurs remplaçants sans affectation vont rejoindre les établissements qui sont des situations que je qualifierais de très problématiques, soit 114 lycées dont je dirais qu'ils sont rouges et 400 qui sont orange, a-t-il déclaré au journal du soir de la chaîne TF1.

Plusieurs centaines de milliers d'heures supplémentaires seront également mises à disposition des proviseurs pour permettre des remplacements de courte durée par des enseignants volontaires, a ajouté le ministre.

Édouard Geffray assiste à la période des questions à l'Assemblée nationale à Paris.

Le ministre français de l'Éducation, Édouard Geffray (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / MEHDI FEDOUACH

M. Geffray a fait la promotion d'une plateforme de concertation mise en ligne lundi soir, qui permet aux lycéens de faire part de toutes leurs demandes et de leurs inquiétudes, et dont les contributions pourront nourrir le projet de budget.

Le gouvernement déposera des amendements au projet de loi de finances pour 2027 pour traduire certaines propositions des lycéens en mesures concrètes, notamment sur les remplacements, a aussi déclaré le premier ministre Sébastien Lecornu sur X.

Des personnes se rassemblent au centre de la place de la République.

Des manifestants ont investi la place de la République, à Paris, mardi.

Photo : Getty Images / GEOFFROY VAN DER HASSELT

Violences urbaines

Au total, 71 500 personnes ont manifesté jeudi en France, dont 24 500 à Paris, pour cette nouvelle journée de mobilisation des lycéens au cours de laquelle 504 interpellations ont été réalisées et 48 policiers et gendarmes blessés, selon le ministère de l'Intérieur.

Le ministère a relevé aujourd'hui une augmentation des violences urbaines [...] en marge des mobilisations pacifiques et des incidents graves [qui] ont particulièrement touché le corps enseignant et leurs établissements.

Des manifestants se tiennent derrière des déchets en feu.

Une manifestation a notamment eu lieu à Marseille, jeudi.

Photo : Getty Images / MIGUEL MEDINA

Notre priorité face à cette situation, c'est évidemment le retour à l'ordre, le retour au calme, le retour au dialogue, et in fine, pour les étudiants, le retour en cours, a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFM-TV.

Les images des manifestations, un peu partout en France, sont restées frappantes, en particulier à Paris, où plusieurs dizaines de milliers de personnes rassemblées place de la Bastille ont été évacuées par les forces de l'ordre en début de soirée avec usage de gaz lacrymogène.

Les slogans Plus de masters, moins de poulets (policiers, NDLR) ou encore 35 °C dans les classes, mais le problème, c'est le portable se sont fait entendre, tandis qu'une grande banderole GenZ en colère a été brandie par des jeunes juchés sur la colonne de Juillet au centre de la célèbre place parisienne.

Des jeunes font face à des CRS (policiers antiémeutes français).

Des jeunes font face à des policiers antiémeutes français, mardi.

Photo : Getty Images / LOU BENOIST

La Bastille est reprise

Sur X, le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon n'a pas manqué de saluer la démonstration puissante de la jeunesse  : La Bastille est reprise, a-t-il écrit.

En fin de rassemblement, des incidents ont éclaté avec des jets de pavé et de mortiers sur les policiers qui ont répliqué au canon à eau. La préfecture de police a évoqué un groupe d'une vingtaine de black blocs jetant du mobilier urbain sur les forces de l'ordre.

En préambule, l'intersyndicale étudiante et professionnelle a appelé à une nouvelle journée de mobilisation mardi 13 octobre. Tant qu'on n'aura pas 10 milliards [d'euros, environ 15, 9 milliards de dollars canadiens] sur la table, on continuera à se mobiliser, a affirmé Sabrine Kharbach, porte-parole de l'Union étudiante.

Dans l'après-midi, les trois principales associations lycéennes avaient été reçues par M. Geffray. Un rendez-vous à l'issue duquel les lycéens sont sortis mitigés.

Des élèves lèvent la main devant des policiers alors qu’ils manifestent devant Sciences Po lors d’un mouvement de protestation contre la surpopulation et la dégradation des établissements scolaires, le 7 octobre 2026 à Paris, en France.

Les manifestations étudiantes à l’échelle nationale et les violentes émeutes dans les établissements scolaires ont perturbé plus de 700 établissements secondaires et entraîné environ 5000 arrestations à travers la France.

Photo : Getty Images / Tom Nicholson

Sur le terrain, les manifestations ont globalement été de moindre ampleur que mardi, où de 266 000 à 450 000 personnes s'étaient rassemblées dans tout le pays : à Lille (nord), Rennes (ouest) et Bordeaux (sud-ouest), les préfectures ont recensé respectivement 3200, 3400 et 2800 manifestants.

À Marseille (sud), quelque 3900 personnes ont manifesté, selon la préfecture, mais quelques centaines ont également participé à des rassemblements non déclarés.

Un lycée proche de Bordeaux a été en partie saccagé par des jeunes, en marge de la mobilisation.

Depuis le début de la mobilisation le 17 septembre, les lycéens français réclament de meilleures conditions d'apprentissage, une rénovation du bâti et la suppression de la sélection par Parcoursup.

À lire aussi :

View the original on Radio-Canada →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.