UE: dans un discours fleuve, Ursula von der Leyen propose que le Canada devienne «membre associé»

Le Canada pourrait devenir le premier membre associé de l’Union européenne, un statut qui n’existe pas dans les Traités et dont on ne connait pas encore vraiment les contours. C’est l’une des principales annonces de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans son discours sur l’État de l’Union, prononcé mercredi 16 septembre. C’est donc un message très fort et symbolique qui est envoyé au Canada et à son Premier ministre, présents à Strasbourg.
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Le Premier ministre canadien Mark Carney a assisté à ce discours, ce qui est déjà en soi exceptionnel pour un dirigeant non européen. Tout sourire, le Premier ministre canadien venu à Bruxelles justement pour resserrer les liens avec l’Union européenne, dans un contexte évidemment de tensions commerciales extrêmement fortes avec son voisin américain. Ursula von der Leyen a donc répondu très largement à cette attente avec cette annonce – un statut qui n’existe pas encore pour une alliance renforcée entre Ottawa et Bruxelles, rapporte notre envoyé spécial à Strasbourg, Daniel Vallot.
Je souhaiterais ouvrir la voie au Canada afin qu'il devienne le premier membre associé de l'Union européenne.
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La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen
Daniel Vallot
« Nous voyons le monde avec le même regard, a justifié la présidente de la Commission européenne, et nous sommes solidaires : sur l'Ukraine, sur la défense ». Mais par-dessus tout a conclu l’ancienne ministre allemande de la Défense, « l'Europe et le Canada croient en la démocratie ».
Des contours flous
Concrètement, quel contour prendrait cette alliance renforcée et que signifie ce statut d’État membre associé ? La présidente de la Commission veut aller au-delà de l’accord de libre-échange déjà conclu avec le Canada, avec une coopération renforcée dans l’IA, dans la défense, sur les matières premières. Mais sur ce statut de membre associé, il n'y a aucune précision à ce stade. On sait que l’Allemagne avait proposé un statut similaire pour l’Ukraine : Berlin avait alors proposé que Kiev puisse assister à certaines réunions ministérielles ou sommets de l'Union européenne (UE), sans toutefois disposer d'un droit de vote.
Ursula von der Leyen précise que cette alliance du futur entre le Canada et l’UE n’est dirigée contre aucun pays. Une précision de pure forme car il est évident que ce rapprochement se fait dans le contexte très précis et très éprouvant pour les Européens comme pour les Canadiens des bras de fer engagés avec Washington, sur le plan commercial mais aussi parfois de la souveraineté, depuis que Donald Trump est revenu à la Maison Blanche.
Création d'un conseil européen de sécurité
Ursula von der Leyen a aussi proposé la création d'un Conseil européen de sécurité, auquel le Canada serait aussi associé avec la Norvège et le Royaume-Uni. « L'urgence est encore plus grande aujourd'hui, au vu de la nature et de l'ampleur des risques en jeu. C'est pourquoi nous exposerons nos idées pour qu'un Conseil européen de sécurité devienne réalité », a-t-elle déclaré lors de son discours de rentrée devant le Parlement européen à Strasbourg.
Elle souhaite également que l'UE soit plus réactive en cas de crise et propose dans ce but un « protocole de sécurité d'urgence », similaire à l'article 4 du traité de l'Otan, qui prévoit des réunions de crise entre les membres de l'Alliance. « En cas de déclenchement par un État membre, tous les États membres se réuniraient, afin de coordonner une réponse européenne, d'empêcher toute nouvelle escalade et d'atténuer les conséquences », a-t-elle expliqué.
Face à la recrudescence des crises, l'Europe doit être mieux préparée, a-t-elle expliqué. « Les menaces hybrides auxquelles l'Europe est confrontée sont de moins en moins hybrides et il s'agit de moins en moins de menaces », a-t-elle affirmé, citant la « tentative d'attaque au drone » à l'aéroport de Leipzig en Allemagne.
Outre le soutien à l'Ukraine, Ursula von der Leyen a aussi abordé de nombreux dossiers parmi lesquels les suites de l'afflux migratoire à Ceuta, les enjeux autour de l'intelligence artificielle ou une proposition d'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans.
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